Éliminer le cancer du col de l'utérus, un objectif atteignable d'ici 25 à 50 ans dans les pays développés

Par
Dr Irène Drogou -
Publié le 20/02/2019
HPV

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Crédit photo : PHANIE

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé à agir en 2018 pour éliminer le cancer du col de l'utérus. Dans « The Lancet Oncology », des chercheurs australiens ont fait des projections sur l'incidence de ce cancer à travers le monde, en fonction de différents scénarios de dépistage et de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV).

Constat de départ, si de rien de plus n'est fait, l'équipe du Pr Karen Canfell à Sydney prédit qu'il y aura 44,4 millions de cancers du col dans le monde dans les 50 prochaines années (2020-69), dont près des deux tiers et 15 millions de décès dans les pays en développement ou émergents. 

En revanche, la situation est bien différente dans le scénario le plus optimiste avec un dépistage et une vaccination optimaux. Cette projection se base sur une augmentation très rapide de la couverture vaccinale, qui atteindrait 80-100 % d'ici à 2020 avec le vaccin large spectre à 9 valences. Dans ce cas de figure, le cancer du col pourrait être éliminé (< 4 cas pour 100 000 femmes) dans le monde d'ici à la fin du siècle.

Pour les pays en développement, le large déploiement d'un dépistage basé sur le test HPV, 2 fois dans la vie à l'âge de 35 et 45 ans avec une couverture de 70 % permettraient d'éviter 12,5-13,4 millions de cas dans les 50 prochaines années. 

Pour les pays développés, les États-Unis, la Finlande, le Royaume-Uni et le Canada pourraient atteindre ces objectifs dans les 25-50 prochaines années, sachant que le taux de couverture vaccinale de la France est aujourd'hui l'un des plus bas en Europe (< 20 % de la popualtion cible). 

Ces résultats vont guider à définir les objectifs pour la période 2020-2030 pour la stratégie mondiale visant l'élimination du cancer du col lors d'une présentation à l'Assemblée de la santé mondiale en 2020.  

 

 

 


Source : lequotidiendumedecin.fr