Des praticiens alertent Matignon sur la « mise en danger de la vie d'autrui » à l'hôpital

Par
Anne Bayle-Iniguez -
Publié le 25/06/2018
Brancards

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Crédit photo : Phanie

Un collectif de 175 médecins de terrain appelle dans une lettre alarmiste le Premier ministre Édouard Philippe à « stopper immédiatement toute fermeture de lit, suppression de poste soignant et embaucher du personnel » dans les hôpitaux publics. 

On retrouve parmi les signataires de l'appel des urgentistes, des anesthésistes et des psychiatres syndiqués dans différentes organisations (AMUF, SNPHARe, la branche médecins de Force ouvrière, CGT, SPH, USP, SPEP, etc.) mais qui ne se présentent pas comme tel à Matignon.

Repenser l'articulation ville/hôpital

Ces médecins hospitaliers réclament depuis septembre un rendez-vous à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à qui ils ont envoyé une lettre ouverte signée mois après mois par 1 350 praticiens. Ils y évoquaient déjà la dégradation du service public hospitalier, de l’accès aux soins et des conditions d’exercice du métier. « Voilà neuf mois que nous demandons à rencontrer notre confrère et ministre de la Santé pour discuter des difficultés rencontrées dans les hôpitaux. Nous n'avons jusqu'à présent obtenu aucun rendez-vous », plaident-ils auprès d'Édouard Philippe. 

« Nous ne pouvons plus actuellement remplir notre mission de service public, peut-on lire. S’agissant de soins, nous vous alertons sur une mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personne en danger. Mise en danger de la population qui s’adresse à nous, et mise en danger des professionnels qui doivent remplir cette tâche sans en avoir les moyens. »

Selon les signataires, les récents décès médiatisés de patients dans les établissements publics, comme celui de Naomi Musenga à Strasbourg, ne sont pas des « faits isolés mais des signes patents de la dégradation nationale des services hospitaliers »

Outre un moratoire sur la fermeture de lits et la suppression des postes soignants, les médecins exhortent Édouard Philippe à « repenser les articulations entre la médecine de ville et l’hôpital » et à « réinjecter au plus vite dans le système de santé les moyens indispensables » au maintien de la qualité des soins.


Source : lequotidiendumedecin.fr