Couverture vaccinale : il faut améliorer la coopération entre États membres, selon le Commissaire européen à la Santé

Par Elsa Bellanger
- Publié le 20/11/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
Vytenis Andriukaitis

Vytenis Andriukaitis
Crédit photo : AFP

En faisant la promotion de la vaccination, le Commissaire européen à la Santé et à la Sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis entend « lutter contre la stupidité ». Présent à Paris ce jour à l’occasion des Assises européennes du Vaccin, l’ancien ministre de la Santé de Lituanie, qui ne mâche pas ses mots, a rappelé les succès de la vaccination : « 1 à 3 millions de vies sont sauvées chaque année ».

Affichant son ambition de combattre les idées reçues et les « fake news » en la matière, il en appelle à la « responsabilité collective ». « À cause de la désinformation, les gens ont peur et on oublie de parler des effets bénéfiques de la vaccination. Les populations n’ont pas mémoire de la sévérité de certaines de ces maladies », martèle le Commissaire qui s’alarme des taux de vaccination européens inférieurs aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Partager les outils, les méthodes et les bonnes pratiques

Pour contrer ce déclin et assurer la couverture vaccinale en Europe, l’Union a lancé en 2018 une initiative conjointe, la « European joint action on vaccination ». Plusieurs objectifs sont visés. Il s’agit d’abord de « renforcer la coopération et la coordination entre États membres, en lien avec les autres politiques de santé et dans la ligne de la résolution du Parlement européen sur le refus de vaccination adoptée en avril dernier », explique Vytenis Andriukaitis.

L’initiative vise également la création d’un portail d’informations, en lien avec les agences européennes de santé pour accompagner « l’effort de lutte contre les fake news ». Un autre axe porte sur la disponibilité des vaccins. La Commission veut « encourager les États membres à simplifier les procédures d’accès et à mieux cibler les groupes les plus isolés ou éloignés de la vaccination », appuie le Commissaire. Il faut, insiste-t-il, « ne laisser personne derrière ».

Enfin, un groupe de travail a été constitué sous l’égide de l’INSERM, en lien avec une vingtaine d’États membres. Doté de 6 millions d’euros sur 3 ans, ce groupe, qui s’est réuni pour la première fois en septembre dernier, doit engager la mise en œuvre d’un « système de gestion interopérable » précise Vytenis Andriukaitis. L’objectif, explique Geneviève Chêne, coordinatrice de la European Joint Action on Vaccination, est de « partager les outils, les méthodes et les bonnes pratiques », mais aussi d'harmoniser des « calendriers vaccinaux hétérogènes ».

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Vytenis Andriukaitis dans l'édition du 26 novembre du « Quotidien »