Plus fort qu'un médecin ? Un robot sème la zizanie outre-Manche

Par
Pascal Thomeret -
Publié le 29/06/2018

Présenté comme au moins aussi performant qu'un médecin généraliste pour poser un diagnostic, un logiciel médical a déclenché cette semaine une vive querelle dans la communauté médicale du Royaume-Uni.

Babylon, une entreprise britannique, affirme avoir développé un programme qui a obtenu de meilleurs résultats que les «GP» britanniques lors d'un test. Intégré dans une application numérique, le logiciel a invité le patient à décrire ses symptômes dans une conversation écrite semblable à des SMS, avant de proposer un diagnostic.

Spécialiste de l'intelligence artificielle, Babylon, qui travaille en partenariat avec le National Health Service (NHS), a soumis son logiciel à un ensemble de questions habituellement proposées aux étudiants en médecine. Résultat à son premier essai : 81% de bonnes réponses, selon Babylon, contre 72% par les futurs médecins ces cinq dernières années. Un résultat « historique », s'est félicité Ali Parsa, le fondateur de l'entreprise. Et d'ajouter : avec cette innovation, « l'humanité fait un pas important vers un monde où personne ne se verra refuser des conseils de santé sûrs et précis ».

Un « statu quo démodé » 

L'innovation a provoqué une vive controverse au sein de la communauté médicale outre-Manche. Pour Andrew Goddard, médecin du NHS et président du Royal College of Physicians (RCP), une organisation internationale qui réunit 34 000 médecins, l'intelligence artificielle représente « le futur » de la discipline. A l'inverse, le vice-président du Royal College of General Practitioners (RCGP), Martin Marshall remet en cause le choix des questions soumises par Babylon au logiciel : « Les machines sont des machines, les médecins sont des professionnels hautement formés et entraînés. Les deux ne peuvent être comparés, une machine peut assister un médecin mais ne pourra jamais le remplacer. »

Le directeur médical de Babylon n'a pas manqué de répliquer en accusant le RCGP de soutenir un « statu quo démodé » au profit d'un petit nombre de généralistes et d'ajouter que la mission de l'entreprise est de « rendre le service de santé accessible et abordable, à la portée de chaque personne sur la planète ».

Soulignant que les deux tiers des dépenses du NHS sont consacrés aux salaires de ses agents, Ali Parsa a appelé la communauté médicale à se réjouir du développement de l'intelligence artificielle, qui doit permettre, selon lui, de réduire les coûts...


Avec AFP
P. T. avec AFP

Source : lequotidiendumedecin.fr