Les médecins prescripteurs de jours de congés ? Les propos d'Édouard Philippe font réagir les syndicats

Les médecins prescripteurs de jours de congés ? Les propos d'Édouard Philippe font réagir les syndicats

Loan Tranthimy
| 28.08.2018
  • Edouard Philippe

Dérapage contrôlé ou maladresse verbale ? Les récentes déclarations du Premier ministre sur les arrêts de travail pour maladie ont été plus ou moins bien appréciées par les représentants des médecins libéraux. Dans l'entretien accordé au « Journal du dimanche », Édouard Philippe a indiqué que « chaque année, un peu plus de dix  milliards d'euros sont consacrés à l'indemnisation des salariés arrêtés, et ce volume progresse de plus de 4  % par an. En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de onze à douze par an et par salarié du privé ». Pour le locataire de Matignon, « c'est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire ».

Ce rapprochement syntaxique entre arrêt maladie et jour de congé a aussitôt fait bondir l'Union française pour une médecine libre (UFML-Syndicat). « Le Premier ministre sous-entend-il une défiance à l’égard des médecins dans leur dispensation (complice) des arrêts de travail et à l’égard des patients dans leur demande (injustifiée) ? », tempête le syndicat.

L'UFML rappelle que « les médecins prescrivent des arrêts de travail à leurs patients, tout au long de l'année et sur tout le territoire, mais ils ne prescrivent pas de jours de congés ». « Les médecins hospitaliers ou de ville n'ont pas à respecter de quotas mesurés à l'impact économique de ces arrêts de travail mais à déterminer à chaque instant la nécessité médicale d'une telle prescription », a ajouté le syndicat.

 

Assimilation aux arrêts de complaisance

Interrogés par « le Quotidien », MG France, la FMF et le SML ont unanimement déploré « la maladresse verbale du Premier ministre ». « C'est particulièrement maladroit. On assimile encore arrêts de travail aux arrêts de complaisance. Il [Edouard Philippe, NDLR] prend les Français pour des tirs aux flancs », réagit le Dr Margot Bayart, vice-présidente de MG France. Celle-ci rappelle « qu'un arrêt maladie correspond à une prescription médicale qui a du sens par rapport à une problématique. S'interroger sur la hausse des arrêts de travail, c'est s'interroger sur les causes. Dans ma pratique, c'est une souffrance, un épuisement professionnel…. » 

« Cette tentative de transfert vers les entreprises [de la prise en charge des indemnités journalières, NDLR] visait à mettre la pression sur celles-ci. Mais comme toujours, cela va se répercuter sur les salariés et les prescripteurs. Sur ce dossier, j'aimerais avoir davantage de chiffres précis pour mieux comprendre », ajoute le Dr Jean-Paul Hamon, président de la FMF.

Le SML va plus loin en plaidant en faveur d'une réforme en profondeur du système d'arrêt de travail. Son président, le Dr Philippe Vermesch, suggère notamment d'harmoniser les règles d'indemnisation des arrêts de travail entre le public et le privé (aujourd'hui un jour de carence pour les salariés du public et trois jours pour le privé) et de soumettre les prescriptions d'arrêts longs, « au-delà de cinq jours, à une mise sous entente préalable par les médecins conseils de l'assurance-maladie ».

Pas une attaque directe

De son côté, le président de la CSMF, le Dr Jean-Paul Ortiz, avoue n'avoir pas pris cette déclaration comme « une attaque directe vis-à-vis des prescripteurs mais comme un signal à l'ensemble des acteurs, en particulier le monde de l'entreprise ». « La hausse du nombre d'arrêts de travail doit être renvoyée à l'organisation du travail, le management, la pression au travail. Néanmoins, cette comparaison peut entretenir une ambiguïté », reconnaît le patron de la CSMF.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

A la une

add
internes

48 heures par semaine maximum ? 50 % des internes de médecine générale dépassent le temps de travail réglementaire

Surcharge de travail, pression des médecins seniors : un interne en médecine générale sur deux (en première, deuxième ou troisième année), dépasse le temps de travail hebdomadaire réglementaire, révèle une enquête* d'envergure de... 12

Le nombre de cas de rougeole a bondi de 50 % en 2018, selon l'OMS

rougeole

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur un bond d'environ 50 % des cas signalés de rougeole en 2018 par rapport à 2017. À la... 8

Dépistage organisé du cancer du sein : de bonnes performances malgré une légère baisse de la participation

depistage cancer sein

Malgré un taux de participation en légère baisse, les indicateurs de performance du dépistage organisé du cancer du sein « attestent de la... 4

Téléconsultation : des syndicats et l'Ordre s'inquiètent de « dérives commerciales »

teleconsult

Cinq mois jour pour jour après la généralisation de la téléconsultation, MG France s'alarme ce vendredi de « dérives commerciales » non... 4

Après un ressenti négatif en consultation, 60 % des patients ont déjà cherché un nouveau médecin

experience negative

Près d'un patient sur deux estime que leur médecin n'est pas assez attentif en consultation, selon une étude en ligne* réalisée auprès d'un... 10

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter