Barbecue : les végétariens ne sont pas à l'abri d'une absorption de produits cancérigènes

Barbecue : les végétariens ne sont pas à l'abri d'une absorption de produits cancérigènes

Damien Coulomb
| 24.05.2018
  • barbecue

Les beaux jours sont de retour, et avec eux la saison des barbecues. Pour agréables qu'ils soient, ces repas en plein air ne sont pas sans risque. Selon une étude chinoise publiée ce mercredi dans la revue « Environmental Science & Technology », les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) cancérigènes dégagés par la combustion des barbecues ne sont pas seulement absorbés par inhalation mais aussi par voie cutanée. La peau constituerait même une voie privilégiée pour ces composés.

On savait déjà que la consommation de viandes grillées lors d'un barbecue était associée à une absorption d'HAP. Ce n'est que récemment que des travaux ont montré que des personnes présentes lors d'un barbecue absorbaient également ces composés cancérigènes sans manger de viande, via les fumées dégagées par la combustion. L'équipe du Dr Eddy Zeng, l'université Jinan, à Guangzhou, a pour la première fois mesuré plus précisément la quantité de ces polluants captés par l’épiderme.

Des ratios d'absorption supérieurs par la peau

Ils ont pour cela fait participer des volontaires à un barbecue et les ont répartis en plusieurs groupes, plus ou moins exposés. Après analyse des échantillons d'urine, les chercheurs ont tout d'abord confirmé que la consommation de viandes de barbecue est bien le principal moyen d'absorber des HAP. Les auteurs ont recherché la présence de 9 (poly)-hydroxy-HAP différents dans les urines, et de 16 HAP différents dans l'air, la nourriture et des échantillons de vêtements

Ils ont également découvert que la peau arrivait en seconde position, devant les poumons. Ils précisent que les graisses contenues dans les fumées de barbecue sont vraisemblablement à l'origine de cette meilleure absorption par l'épiderme. Les excrétions urinaires de OH-naphthalene, OH-fluorene et OH-pyrene étaient de respectivement 367, 63, 98 et 28 ng/mL au bout de 2,5 heures d'exposition aux fumées chez les personnes portant des masques de protection. En l'absence de masque, les excrétions, bien, que significativement supérieures, n'étaient que de 453, 98, 126, et 38 ng/mL. Les auteurs en déduisent que les ratios d'absorption par la peau sont plus faibles que ceux de l'absorption alimentaire mais plus élevés que ceux par inhalation.

Ils précisent que, bien que les vêtements procurent un certain niveau de protection à court terme, ce n'est plus le cas une fois les fibres vestimentaires saturées de fumées. Ils conseillent d'ailleurs aux personnes participant à un barbecue de laver leur vêtement immédiatement après un tel événement.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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