Mentorat, accueil, statut étudiant : ce que proposent les carabins pour redonner des couleurs à la formation médicale

Mentorat, accueil, statut étudiant : ce que proposent les carabins pour redonner des couleurs à la formation médicale

Sophie Martos
| 21.03.2018
  • carabins

L'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) a décidé de faire de la lutte contre les risques psychosociaux sa « grande cause » 2018.

Cela fait plusieurs mois que les carabins alertent les pouvoirs publics sur la dégradation des conditions de travail des étudiants en médecine. 

En juin 2017, une enquête nationale inédite sur la santé mentale des jeunes médecins, menée sous l'impulsion de l'association, des syndicats d'internes (ISNAR-IMG, ISNI) et des chefs de clinique et assistants (ISNCCA) révélait des chiffres alarmants : deux jeunes sur trois seraient anxieux contre 26 % de la population générale. 28 % des répondants ont une symptomatologie dépressive contre 10 % du reste des Français. Pire : 24 % des carabins et jeunes médecins ont déjà eu des idées suicidaires.

« Des situations dramatiques se produisent malgré toutes les sonnettes d'alarme tirées, souligne Emylie Lentzner, chargée de la santé globale à l'ANEMF. L'urgence est réelle, tout le monde devrait s'en saisir. » Il ne s'agit en aucun cas d'un épiphénomène. Ces derniers mois, deux étudiants en médecine se sont ôté la vie (dont une à Marseille), rappelle l'association. 

Le Dr Donata Marra, psychiatre, a été missionnée par le ministère de la Santé fin 2017 pour dégager des solutions en réponse aux risques identifiés tout au long des études de médecine. Son rapport est attendu prochainement. 

La simulation relationnelle contre l'effet tunnel des ECN

Dans ce contexte, l'ANEMF monte une nouvelle fois au créneau en dressant une liste d'actions concrètes à mettre en place pour limiter les risques psychosociaux. L'association suggère d'« humaniser » les études en développant la « simulation relationnelle ». « L'effet tunnel des ECN et le bachotage ne permettent pas l'apprentissage réel du métier, poursuit Emylie Lentzner. La simulation permet des mises en situation concrètes avec un débriefing. Cela permet de développer les compétences relationnelles. » Autre demande : avoir plus de cours sur l'éthique et les sciences humaines afin de développer l'esprit critique.

Les carabins souhaitent aussi développer le mentorat entre les enseignants et les étudiants pour les aider à s'orienter. « On pourrait par exemple avoir un chef de clinique qui nous suit pendant notre formation et nous interroge sur notre parcours », illustre Emylie Lentzner. Certaines facultés de médecine ont mis en place ce type de binôme mais la pratique est encore bien trop hétérogène. 

L'ANEMF réclame également que les formateurs soient mieux rodés en matière d'accompagnement et de management pour, par exemple, réaliser un débriefing après une journée de stage difficile. « Certains externes sont très bien encadrés, d'autres moins, ça joue sur le moral », ajoute Emylie Lentzner.

Le statut étudiant hospitalier perfectible

Dernière proposition, l'association souhaite « assainir l'environnement de la formation » en améliorant le statut de l'étudiant hospitalier. « Les étudiants perdent le sens de leur travail car leurs missions en stage ne correspondent pas aux soins mais souvent aux tâches administratives », explique Yanis Merad, le président de la structure jeune. La rémunération n'est également pas à la hauteur de l'activité et donne « un sentiment de non-reconnaissance du service rendu », ajoute-t-il. Enfin, l'accueil des externes est aussi un levier de progression. Là encore, l'absence de cadrage a un réel impact sur le bien-être et l'état de santé de l'étudiant. « Parfois, les étudiants arrivent en stage et c'est la galère pour récupérer les badges et avoir des codes numériques, souligne Yanis Merad. Nous avons rédigé une charte d'accueil l'année dernière avec la Fédération hospitalière de France (FHF) mais elle n'est pas respectée dans tous les CHU, tout comme le repos de garde. »

L'ANEMF portera ses propositions au ministère de la Santé prochainement.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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