Large réélection pour Jean-Paul Ortiz, qui rempile à la présidence de la CSMF

Large réélection pour Jean-Paul Ortiz, qui rempile à la présidence de la CSMF

Loan Tranthimy
| 10.03.2018
  • ortiz

À l’issue du vote du conseil confédéral ce samedi après-midi 10 mars, le Dr Jean-Paul Ortiz a été réélu à la tête de la CSMF, premier syndicat des médecins libéraux, avec 80% des voix.

Le bureau de la CSMF a été renouvelé à cette occasion. Il compte désormais 50% de nouvelles personnalités, trois femmes et un jeune chef de clinique en médecine générale. Figurent au sein de cette instance, les Drs Stéphane Attal, Philippe Chazelle, Franck Devulder, Luc Duquesnel (président les Généralistes-CSMF), Yannick Frezet, Patrick Gasser (président les Spé-CSMF), Christine Kowalczyk, Julie Mazet, Alain Prochasson, Dominique Proisy, Bruno Silberman, Rémi Unvois, Marc Villaceque, Brigitte Virey, Christian-Michel Arnaud, Philippe Boutin, Andry Rabiaza, et Bernard Ortolan. Le Dr Stéphane Landais restant secrétaire général du syndicat.

Un mandat plus apaisé ?

Pour le néphrologue de Cabestany (Pyrénées-Orientales), ce deuxième mandat de quatre ans commence sur les chapeaux de roues. Dès la semaine prochaine, les syndicats retrouveront l'assurance-maladie pour finaliser l'avenant conventionnel visant à compenser la hausse de la CSG pour les médecins libéraux. « Nous voulions une compensation à l'euro près pour tous. L'objectif est atteint », déclare le Dr Ortiz au « Quotidien ».

Autre échéance importante pour le patron de la Conf' : la télémédecine. « C'est une négociation importante. Cette activité rémunérée et innovante est potentiellement un vecteur d'évolution de nos organisations. J'espère que nous arriverons à une conclusion correcte », ajoute le spécialiste. Il faut dire que l'adhésion à cet avenant en cours de négociation devrait permettre à la CSMF de revenir dans la convention médicale. 

Rappelant à qui veut l'entendre que son premier mandat a été « difficile », marqué par la lutte acharnée contre la mesure « dogmatique » du tiers payant, la rupture politique avec Marisol Touraine et la décision du syndicat de ne pas signer la convention médicale, le spécialiste affirme que « l'heure de l'opposition ferme est terminée avec un pouvoir politique qui tend la main ». « Dialoguons et proposons », clame-t-il.

Contrat social

C'est sur la base d'un projet politique dense que le patron de la CSMF a voulu convaincre ses troupes et susciter un débat interne. « Le projet politique que je porte est une refondation du contrat social entre la médecine libérale et la société française », insiste-t-il. Plutôt ambitieux. 

Dans ce pacte, la CSMF, fidèle à une médecine libérale et sociale, veut faire de l'accès aux soins des patients sa priorité. Pour cela, son chef de file appelle les praticiens à s'engager sans relâche dans la structuration territoriale de la médecine libérale. Après avoir longtemps privilégié le modèle traditionnel « en solo », la centrale confédérale juge que le regroupement des praticiens – en maison de santé, en cabinet de groupe et surtout au sein de communautés professionnelles territoriales de santé – est une réponse adaptée aux défis de l'accès aux soins. Pas question pour autant de défendre un schéma unique d'exercice...  

À l'échelle des territoires, la CSMF défend le concept d'« entreprises médicales de demain », appelées à entrer dans une logique de contrat avec les pouvoirs publics et notamment les agences régionales de santé (ARS). 

Autre piste d'innovation organisationnelle mise en avant par le néphrologue : la délégation de tâches, à ne pas confondre avec la délégation de compétences, toujours honnie par la centrale syndicale. « Une compétence ne se délègue pas. La délégation de tâches permet à des collaborateurs autour du médecin de le soulager d'un certain nombre de tâches, qu'il peut déléguer à d'autres acteurs sous contrôle. Certaines spécialités l'ont compris depuis longtemps comme les radiologues », illustre le Dr Ortiz.

Statut unique

Volontiers réformiste, le praticien propose aussi de favoriser les statuts et carrières mixtes (salariat/libéral), une façon de progresser vers le statut unique du médecin que vise la CSMF. Il s'agirait d'un « socle sur lequel s'ajoute une activité avec rémunération libérale dans un cas, ou une rémunération salariée dans l'autre ». Même ouverture de principe aux « organisations permettant l'exercice à temps partiel tout au long de la vie professionnelle, et à des temps variables ».

Au chapitre des études médicales, le Dr Ortiz veut faire « exploser le système ancestral de la formation initiale ». Sans réclamer l'ouverture du numerus clausus, il propose de le revisiter pour élargir le recrutement et améliorer la polyvalence des futurs médecins.

Quant au médecin, recentré sur son cœur de métier, son expertise doit être valorisée. Comment sera-t-il rémunéré ? Pas question de remettre en cause le paiement à l’acte, qui devra rester prépondérant à l'heure où le gouvernement engage une réforme ambitieuse des modes de rémunération.

Un espace de liberté tarifaire pour chaque médecin

Le Dr Ortiz rappelle au passage que la dualité sectorielle (secteur I d'une part, honoraires libres de l'autre) est « une mauvaise réponse à un vrai problème qui est la faiblesse des tarifs médicaux conventionnels ». Il propose d'en sortir par la mise en place d'un secteur d'exercice unique dans lequel le médecin pourrait pratiquer la liberté tarifaire pour une « petite partie » de son activité professionnelle. « Cette liberté tarifaire pourrait être limitée à 20 % du temps et à 20 % de l'ensemble de l'activité comme en Belgique », explique le néphrologue.

Le patron de la CSMF se dit prêt aussi à reprendre les relations « conflictuelles dans le passé » avec les complémentaires santé pour construire avec eux la prise en charge des champs délaissés par l'assurance-maladie obligatoire. 

Enfin le spécialiste appelle ses confrères à l'unité confédérale, « bien collectif que nos anciens nous ont légué ». Il n'écarte pas une réflexion sur l'évolution des statuts de l'organisation syndicale. « Le monde a changé et le syndicalisme avec », conclut-il. Un autre chantier qu'il promet d'engager pendant son deuxième mandat. 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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