THM : l’étude WHI montre finalement une absence de surmortalité

THM : l’étude WHI montre finalement une absence de surmortalité

Fabienne Rigal
| 12.09.2017
  • thm

    THM : l’étude WHI montre finalement une absence de surmortalité

Une étude parue aujourd’hui dans le « JAMA » montre une absence de surmortalité toute cause, de surmortalité par cancer ou cardiovasculaire chez les femmes ayant pris un traitement hormonal substitutif pendant 5 à 7 ans et ayant été suivies pendant, en tout, 18 ans (période de traitement incluse). Des résultats qui reviennent sur ceux qui avaient remis en cause l’utilisation du THM en 2002.

L’étude WHI était en fait constituée de deux versants : l’un comparant la prise d’œstrogènes équins conjugués (CEE) et d’acétate de médroxyprogestérone (MPA) (pour 8 506 patientes) avec un placebo (pour 8 102 patientes), et l’autre la prise de CEE seuls (pour 5 310 femmes ayant subi une hystérectomie) avec un placebo (pour 5 429 patientes). Le premier volet avait été arrêté au bout de 5,6 ans à cause d’un surrisque de cancer du sein, et le second au bout de 7,2 ans à cause d’un surrisque d’AVC. Ces résultats avaient entraîné de par le monde un recul de l’utilisation du THM.

Pas d’effet ou un effet positif pour les femmes traitées précocement

Le suivi qui a été fait jusqu’en 2014 pour l’ensemble de ces femmes apporte des résultats plus rassurants. Parmi les 27 347 femmes incluses dans les deux volets de l’étude, 7 489 sont décédées, dont 1 088 pendant la phase interventionnelle, puis 6 401 pendant la phase de suivi. Pour l’ensemble de la cohorte, la mortalité toute cause était de 27,1 % dans le groupe THM et de 27,6 % dans le groupe placebo, sans différence entre les deux volets de l’étude. Concernant les mortalités cause spécifique (CV, cancer ou autre), aucune différence n’était observée.

Des différences ont cependant été observées… mais elles sont plutôt en faveur du THM : pendant la phase interventionnelle, et chez les femmes les plus jeunes (qui avaient donc initié leur THM rapidement après la ménopause), la mortalité dans le groupe THM était environ 30 % inférieure à celle des femmes du groupe placebo. Ce n’était pas le cas pour les femmes entrées dans l’étude après 60 ans, pour lesquelles on n’observait pas de différence. Et, quelle que soit la tranche d’âge, après 18 ans de suivi, la différence n’était pas non plus significative.

Autre effet positif : une réduction significative du nombre de morts par Alzheimer (ou d’autres formes de démence) dans le groupe CEE seuls par rapport au groupe placebo (mais pas dans le groupe CEE + MPA).

Un historique fait d’emballements, une situation très différente en France

Dans le même numéro du « JAMA », un éditorial revient sur l’historique du THM et sur la controverse qui a suivi ce traitement. De prescriptions à tire-larigot dans les années 1960 à une semi-disgrâce dans les années 1970 (à cause d’un surrisque de cancer de l’endomètre puisque le THM avait été donné inconsidérément à toutes les femmes), puis à une résurgence de son utilisation quand on a compris que l’ajout de progestérone limitait ce risque et à l’idée qu’il prévenait l’ostéoporose, les maladies cardiovasculaires, la mortalité totale, l’histoire a de nouveau basculé avec la publication de l’étude WHI. Mais ces nouvelles données permettent de rassurer les patientes, estime l’éditorial.

Le Dr Brigitte Letombe, gynécologue au CHU de Lille, va plus loin : « Nous avons toujours dit que cette étude posait problème car, d’une part, ce n’est pas le même traitement que nous utilisons en France, d’autre part, nous n’avons jamais attendu 10 à 15 ans après la ménopause pour commencer à traiter les femmes, comme c’est le cas pour certaines dans l’étude WHI. » En effet, les produits utilisés dans cette étude sont des œstrogènes équins par voie orale normodosés (alors qu’en France c’est de l’estradiol, par voie transdermique ou orale), et de l’acétate de médroxyprogestérone (à cause de son effet glucocorticoïde, on ne l’emploie pas en France ou l’on privilégie progestérone et rétroprogestérone). « Nous savons depuis longtemps que le THM est une bonne chose si le traitement n’est pas standardisé mais personnalisé, en fonction de la qualité de vie des patientes, des facteurs de risque, des facteurs carcinologiques, cardiovasculaires et osseux », souligne le Dr Letombe.

Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
DIDIER P Médecin ou Interne 12.09.2017 à 19h39

15 ans pour réaliser que cette étude biaisée n'était qu'un foutage de gueule américain pour démolir le THM à la française et placer les molécules américaines (Raloxifène° entre autre) chez des femmes Lire la suite

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