4 à 8 euros par coup de fil, DirectoDoc rémunère les médecins pour le temps passé au téléphone avec les patients

4 à 8 euros par coup de fil, DirectoDoc rémunère les médecins pour le temps passé au téléphone avec les patients

Stéphane Long
| 23.01.2016
  • DirectoDoc

Des consultations téléphoniques rémunérées, c’est la proposition récemment émise par le SML « pour fluidifier le parcours de soins ». L’idée n’est pas nouvelle. Une petite société nantaise a franchi un premier pas depuis le 1er décembre 2015 en proposant une application pour téléphones mobiles (iOS, Android, Windows Phone). DirectoDoc permet à un patient d’alerter son médecin traitant et de se faire rappeler au téléphone par ce dernier, dans un délai raisonnable (dans la journée).

Le service est payant pour le patient et donne lieu à une rémunération pour le médecin : entre 4 et 8 euros selon la spécialité, bien loin des tarifs de consultation habituels. Le paiement est déclenché lorsque l’échange téléphonique dure plus de 15 secondes (et jusqu’à 15 minutes). Patients et praticiens doivent préalablement s’inscrire sur la plateforme DirectoDoc.

Améliorer la relation patient-médecin

Pas question cependant de proposer des consultations qui donneraient lieu à des prescriptions. DirectoDoc ne se positionne pas sur ce créneau, par ailleurs très encadré par la loi. « Nous ne proposons pas une plateforme de télémédecine. Il s’agit avant tout de permettre aux médecins d’assurer un suivi de leurs propres patients, de garder contact avec eux », précise Typhaine Servant, créateur du service.

Cas de figure classique : un patient est inquiet, il demande à son médecin traitant d’être rappelé. Ce dernier pourra alors lui proposer un rendez-vous s’il estime que l’alerte le justifie ou, au contraire, le rassurer. Côté patient, le service offre l’assurance d’être rappelé (sauf impondérable). Côté soignant, c’est la possibilité de valoriser le temps consacré au téléphone et de mieux gérer sa patientèle.

Prestation de service ou conseil médical ?

La société assure avoir pris conseil auprès de l’Ordre national des médecins pour être en conformité avec la réglementation. Aujourd’hui, la loi laisse peu de marge de manœuvre aux médecins.

Le Dr Jacques Lucas, vice-président du CNOM, est catégorique : « Aujourd’hui, un médecin qui recouvre un paiement par le biais d’un service de conseils médicaux par téléphone mis en place par une entreprise commerciale est en infraction puisqu’il contourne l’article R4127-53 du code de la santé publique. » Ce texte stipule que « l’avis ou le conseil dispensé à un patient par téléphone ou par correspondance ne peut donner lieu à aucun honoraire ».

« Nous ne sommes pas dans ce cas de figure, assure Maître Lina Williatte, l’avocate qui a conseillé DirectoDoc. Il ne s’agit pas d’une prestation médicale. On est dans un cas où le médecin oriente son propre patient. Il organise lui-même son planning pour réguler les flux. C’est une prestation de service qui peut donner lieu à rémunération. »

Ce flou juridique pourrait cependant être levé prochainement. « Le Conseil travaille sur le sujet depuis plusieurs mois. Nous ferons des propositions début février pour modifier la réglementation », indique le Dr Lucas.

« La peur d’être submergé par les appels »

Près de 200 médecins se seraient inscrits au service DirectoDoc depuis le mois de décembre 2015, principalement grâce à un accord signé avec le groupe de cliniques nantaises Le Confluent, qui a adopté l’application pour le suivi de ses patients de retour à leur domicile.

Que pensent-ils du service DirectoDoc ? « Nous avons eu globalement un bon accueil, répond Typhaine Servant, même si certains praticiens s’arc-boutent sur l’examen clinique. » Autre crainte des praticiens, la « peur d’être submergés par les appels »… Enfin, il y a ceux qui ne voient pas pourquoi leurs patients devraient payer pour un service qu’ils assurent déjà… gratuitement.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

A la une

add
debat
Focus

La réforme vue par les praticiens

Le corps médical ne se sent plus ni correctement représenté ni vraiment entendu. Selon notre sondage Odoxa, les médecins sont pourtant prêts à donner de la voix, y compris dans le cadre du grand débat. Et, quoique sans illusion, les sondés avancent, sur les dépenses de santé ou l'offre de soins dans les territoires, des idées parfois en rupture avec le reste de la population et les autres acteurs... 6

Une avancée pour préserver la fertilité des garçons prépubères traités par chimiothérapie

chimiotherapie

Comment préserver la fertilité des garçons prépubères avant chimio- et/ou radiothérapie ? Si la congélation de sperme peut être proposée... Commenter

Érosion du volontariat, nuit profonde abandonnée, toujours des réquisitions : la PDS toujours très fragile !

pds

Stabilité ou érosion du volontariat dans une majorité de départements, hausse timide des régulateurs libéraux (grâce aux retraités), nuit... 3

Temps de sieste, préparation à une garde, récupération : les bons conseils des chercheurs sur le sommeil de l'IRBA

sommeil militaires

Les nuits blanches, le sommeil irrégulier, la fatigue qui trouble la concentration… Ces désagréments sont bien connus des médecins... Commenter

Maternités de proximité : états généraux réussis et préparation d'un manifeste

etats generaux maternites 1

Les petites maternités peuvent sourire. Leurs états généraux qui se tenaient au Blanc (Indre) ce week-end ont été couronnés de succès. Avec... Commenter

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter