Vos plus grands moments de solitude - Le suppositoire, chèque en blanc, premier remplacement...

Vos plus grands moments de solitudeLe suppositoire, chèque en blanc, premier remplacement...

31.12.2015
Drôles, insolites, parfois graves… jusqu’à la fin de l’année, « le Quotidien » publie les témoignages de médecins confrontés à une situation embarrassante en consultation, face à un patient. Merci à tous les participants pour les nombreux récits envoyés à la rédaction.
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Le suppositoire

En relisant ma prescription (ce qu'il faut toujours faire, avis à mes jeunes confrères...), je découvris que j'avais écrit ceci :
<< 1 suppositoire à chacun des trois repas >>...
Le patient assis devant moi n'a pas vu le rouge qui me montait au visage, pendant que je rédigeais une nouvelle ordonnance...

Dr Philippe Deharvengt


Chèque en blanc

J'explique à la patiente que je devais opérer en urgence les risques et les complications potentielles de l'intervention, ainsi que le fait que je devrais prendre des décisions en fonction des données per-opératoires et qu'elle devrait me faire confiance en cas d'imprévu : « Je prendrai ma décision dans ce que je jugerai votre intérêt. En signant le consentement éclairé, vous signez une sorte de chèque en blanc, vous m'accordez toute la liberté de décision. »
Elle répond : « Je n'ai pas mon chéquier sur moi, et mon mari est au travail. Vous m'opérez quand-même ? »
 
Dr R. S.


Premier remplacement

Lors de mon premier remplacement en médecine générale, en ville je reçois un petit garçon qui, d’après la maman, était barbouillé.
Lorsque je lui ai demandé où il avait mal, sa réponse fut de vomir sur le bureau.
Je me suis dit que la médecine de ville était pleine de surprises et que le baptême était déjà fait ce jour-là.

Dr F. S.


Une épouse très angoissée

Une jeune femme m'appelle et souhaite un RDV le jour-même, en urgence... J'essaie de savoir pourquoi, elle ne répond pas mais, devant son angoisse, je la rajoute à mon planning et, dans le cabinet, elle me dit :
« Vous savez que je suis allergique à l'iode (je réponds oui), et, ce matin, on a fait un scanner injecté à mon mari (je réponds oui), et, ce midi, je viens de lui faire une fellation... »
« Est-ce que je vais mourir d'allergie ? Dois-je prendre de la cortisone ? »


Dr M. C.


Qui s'y frotte...

Elle était belle et quelque peu aguicheuse. La trentaine à peine révolue, elle utilisait son charme pour captiver votre attention.
Je l’avais en face de moi. Ses grands yeux me fixaient au point de me faire douter sur la raison de la consultation.
Elle était belle, parfumée, féminine et discrète à souhait. L’art de se mettre en valeur semblait dans ses compétences et si mon regard fuyait un entrejambe qui s’ouvrait, je tombais sur une gorge qui respirait.
Ce jour-là, le motif semblait vraiment tenir du prétexte et elle m’assurait d’un certain attachement.
N’étant probablement pas dupe ou d’humeur à batifoler, j’ignorai les allusions afin d’éteindre les illusions.

Elle me tira vers elle
Au moment de partir, serrant ma main, elle me tira vers elle. Je détournais la tête pour esquiver son visage.
Elle me glissa : « J’arrive toujours à ce que je veux. »
Quinze jours plus tard, j’appris qu’elle avait « vitriolé » le visage de son ami. Je le visitai quelque temps plus tard. L’homme était méconnaissable, hideux, avec une espèce de masque en plastique transparent. Il n’avait plus de paupières. Je haussai les sourcils tout en réfrénant une nausée qui montait malgré moi.
Il me déclara : « Elle est folle sans l’être, jalouse ou calculatrice. Je l’ai demandé en mariage en lui promettant de ne pas porter plainte. Je lui ai fait signer une déclaration et les gendarmes ont relevé les faits. »
– « Vous l’aimez à ce point ? », demandai-je.
– « Non, je veux qu’elle ait à chaque repas ma face qui la regarde, mon visage qui la hante jusqu’à la fin de ses jours. »
Puis, il se tut. Elle venait de rentrer dans la pièce. Elle m’ignorait. J’ai souvent pensé : « Qui s’y frotte s’y détruit. »

Dr Jean-Claude Miranda


Source : Lequotidiendumedecin.fr

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