Entéropathie liée à l’olmésartan : les retards de diagnostic font persister les cas graves

Entéropathie liée à l’olmésartan : les retards de diagnostic font persister les cas graves

22.07.2015

Depuis le début la commercialisation de l’antihypertenseur olmésartan, en 2004, 320 cas d’entéropathie ont été notifiés chez des patients traités par ce sartan en France, dont 85 % de cas graves, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), qui a publié ce mardi un point d’information à ce sujet.

« Un bilan récent de pharmacovigilance montre que des retards de diagnostic d’entéropathie liée à l’olmésartan persistent et que, de ce fait, le nombre de cas graves rapportés reste élevé en France », note l’Agence.

Signes évocateurs

L’ANSM réitère donc ses recommandations d’arrêter le traitement en cas de survenue de tout symptôme et rappelle par cette même occasion les signes évocateurs d’une entéropathie.

Les cas sévères peuvent se traduire par une diarrhée chronique sévère avec une perte de poids. D’autres symptômes peuvent inclure des vomissements, une déshydratation avec insuffisance rénale fonctionnelle, une hypokaliémie, voire une acidose métabolique. L’entéropathie peut survenir plusieurs mois, voire plusieurs années, après le début du traitement, ce qui rend évidemment le diagnostic difficile.

Un risque rare

L’ANSM rappelle que le risque d’entéropathie sévère sous olmésartan reste très rare : 10 cas pour 100 000 patients. En juin, la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé s’est néanmoins prononcé en faveur du déremboursement des spécialités contenant de l’olmésartan, en raison d’un service médical rendu insuffisant.

Un risque identifié en 2012

Les premiers cas d’entéropathie (22 cas, avec atrophie vollositaire) ont été reportés en juin 2012 dans une étude américaine. Suite à cela, la Food and drug administration (FDA) a mis l’olmésartan sur la liste des médicaments sous surveillance.

En France, une étude de la Caisse nationale d’assurance-maladie des travailleurs salariés a confirmé l’existence d’une association, ce qui a mené l’ANSM a publier un premier point d’information en juillet 2013, puis à nouveau en juillet 2014, précisant que l’effet est propre à l’olmésartan et non pas un effet de classe.

Clémentine Wallace
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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