La France modifie les modalités de prise en charge des cas suspects ou confirmés d’Ebola

La France modifie les modalités de prise en charge des cas suspects ou confirmés d’Ebola

09.10.2014
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    La France modifie les modalités de prise en charge des cas suspects ou confirmés d’Ebola

Les établissements de santé et les centres SAMU et SMUR ont reçu ce jeudi un message d’alerte rapide sanitaire (MARS) signé par Benoît Vallet, le directeur général de la direction générale de la santé (DGS). Le message est destiné à actualiser les modalités de prise en charge des cas suspects ou confirmés d’Ebola qui pourraient survenir sur le territoire français.

Première information importante : l’abaissement du seuil de température suspecte à 38 °C. Les patients ayant circulé dans les régions concernées par l’épidémie (Guinée, Sierra Leone et Liberia) seront considérés comme « suspects » dès qu’ils présenteront une fièvre supérieure ou égale à 38 °C. Ils entreront dans la catégorie des « cas possibles » s’ils ont également été exposés à un autre facteur de risque comme un contact direct avec le sang ou les secrétions d’un malade confirmé ou la consommation de viande de brousse.

Des règles strictes concernant les prélèvements

La confirmation d’un cas d’Ebola reste exclusivement du ressort du centre national de référence (CNR) des fièvres hémorragiques virales de Lyon. La circulaire précise que les établissements hébergeant un cas suspect doivent procéder à un prélèvement de sang total et l’expédier tel quel dans un tube EDTA. Il est interdit de mettre l’échantillon dans de la carboglace ou d’en extraire le sérum, afin de ne pas exposer inutilement le personnel de santé.

Si le cas est confirmé, le patient doit être transporté dans un des 12 établissements de santé de référence dont la liste a été actualisé le 25 septembre. Aucun de ces établissements ne se situant dans les Antilles, les cas suspects signalés en Martinique, Guyane et Guadeloupe pourront être temporairement pris en charge dans les CHU de Martinique, de Pointe-à-Pitre et de Cayenne jusqu’à un éventuel transfert en Métropole en cas de confirmation par le CNR.

Une conséquence du cas espagnol ?

Si le transport des « cas possibles » peut se faire sans matériel spécifique, celui des patients très symptomatiques excrétant doit se faire « si possible » dans une housse de transport censée protéger le véhicule et le personnel du SAMU. Enfin, en cas de nécessité de transfert du patient vers un hôpital d’instruction des armées (HIA), la régulation est de la responsabilité du département des urgences sanitaires de la DGS.

On peut voir dans ce rappel des règles une conséquence de la polémique qui enfle de l’autre coté des Pyrénées au sujet de la relative impréparation des services de santé qui auraient conduit à la contamination et à l’hospitalisation dans de mauvaises conditions de l’aide soignante Teresa Romero et de cinq autres personnes ayant été en contact avec elle alors que les symptômes étaient déjà déclarés.

Contrôles systématiques en Amérique du Nord

De l’autre coté de l’Atlantique, et suite au décès mercredi du patient libérien, premier cas d’Ebola diagnostiqué hors d’Afrique, la Maison Blanche a annoncé le renforcement des contrôles effectués sur les voyageurs provenant de Guinée, du Sierra Leone et du Liberia. Dans les cinq aéroports concernés par la décision (JFK, Newark, Washington-Dulles, Atlanta et Chicago), la température de ces passagers sera systématiquement mesurée.

La ministre canadienne de la santé, Rona Ambrose, a emboîté le pas du voisin américain en annonçant des mesures similaires. De son côté, la Commission européenne a décidé mercredi de « renforcer l’information aux voyageurs et professionnels de la santé » suite à une réunion de son comité de sécurité sanitaire. Deux experts du centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CPCM) ont, de plus, été dépêchés en Espagne pour y assister les autorités espagnoles et tenter de trouver la faille à l’origine de la contamination de Teresa Romero.

La situation empire en Afrique de l’Ouest

Dans son dernier point sur la situation en Afrique de l’Ouest, l’organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que la situation continuait d’empirer.

L’OMS précise que la baisse du nombre de nouveaux cas observée depuis quelques semaines au Liberia proviendrait moins d’un recul de l’épidémie que d’une difficulté des enquêteurs a recensé l’intégralité des malades. À la date du 5 octobre 2014 le bilan global était de 8 033 malades donc 3 865 décès.

Damien Coulomb
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 5 Commentaires
 
10.10.2014 à 07h49

« Pendant ce temps combien d'enfants meurent d'une gastro-entérite grave par jour dans le monde ? Autour d'un "petit millier" me semble-t-il. Que fait on ? Dr. Stronok »

Répondre
 
09.10.2014 à 22h33

« "Mais non , on risque" tout et rien , puisqu'il y a rien !" »

Répondre
 
09.10.2014 à 21h54

« Mais Madame Touraine nous a dit la semaine dernière qu'on ne risquait rien et que tout était prêt ???
Ça a donc changé ? »

Répondre
 
09.10.2014 à 19h37

« D’une difficulté des enquêteurs a recenser ! »

Répondre
 
09.10.2014 à 22h03

« D'une difficulté des enquêteurs à recenser ! »

Répondre

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