Le coin des recos : implants dentaires et bisphosphonates

Publié le 21/02/2013

LE CHAMP des recommandations concerne les différents aspects de cette prise en charge. L’évaluation des facteurs de risque doit être faite par une collaboration entre le prescripteur de BPs et le professionnel de la cavité orale. Dans ce contexte, il est intéressant de relever que les auteurs ne recommandent pas le dosage de C-télopeptide, qui n’a pas de valeur prédictive démontrée du risque d’ONM. Les restrictions d’indications à la pose d’implants dentaires sont très peu nombreuses dans le contexte d’un traitement de l’ostéoporose (les recommandations abordaient aussi le sujet chez les patients cancéreux), mais l’évaluation coordonnée du risque peut conduire à la discussion d’alternative à la pose d’implants. Enfin, sont détaillées les modalités de prise en charge et de suivi en cas de chirurgie implantaire, en fonction des situations cliniques.

Chez un patient porteur d’implant dentaire et candidat à un traitement par BPs :

• importance de l’information du patient et discussion du rapport bénéfice/risques ;

• importance d’une consultation spécialisée pour faire un bilan bucco-dentaire complet (clinique et radiographique) et recevoir les soins appropriés avant l’initiation du traitement par BPs ;

• importance du dialogue entre les deux praticiens ;

• la dépose du ou des implants ostéointégrés à visée de prévention d’une ONM n’a aucune justification et n’est pas recommandée au seul motif que le patient doit recevoir un traitement par BPs.

Chez un patient sous BPs, candidat à la pose d’implant dentaire :

• importance de l’information du patient sur les risques associés à la pose d’implants, des restrictions d’indications et des solutions alternatives possibles et importance de la traçabilité de cette information éclairée dans le dossier ;

• il n’est pas recommandé d’interrompre temporairement le traitement par BPs, avant et/ou après la pose d’un implant. Dans tous les cas, aucune modification de traitement ne doit être envisagée sans une concertation préalable avec le médecin prescripteur ;

• afin de minimiser le risque d’ONM : technique chirurgicale orale la moins traumatisante possible ; prescription d’antibiotiques (amoxicilline 2 g/j ou clindamycine 600 mg/j) et de bains de bouche à la chlorhexidine, depuis la veille de l’intervention jusqu’à la cicatrisation muqueuse complète ; surveillance prolongée de la cicatrisation osseuse.

En cas de suspicion de complication (péri-implantite ou ONM péri-implantaire), le patient doit être adressé en milieu très spécialisé pour prise en charge adaptée.

Comme le conclut Blandine Ruhin, la connaissance de ces recommandations doit permettre à chaque praticien « d’adopter une attitude raisonnée et raisonnable avant et après la mise en place d’implants dentaires chez les patients ayant bénéficié, bénéficiant ou devant bénéficier d’un traitement par BPs ». L’intégralité de ces recommandations est disponible par le lien http://www.sfscmfco.fr/wp-content/uploads/2012/04/Reco-Bps.pdf          

D’après la communication de Blandine Ruhin-Poncet.

> Pr P. O.

Source : lequotidiendumedecin.fr