Alors qu’on dispose aujourd’hui de deux options pour protéger les nouveau-nés des infections à VRS, à savoir la vaccination des mères enceintes ou l’immunisation passive par nirsevimab des nouveau-nés, jusqu’ici nulle comparaison de leurs efficacités respectives n’avait été menée.
Une étude française récemment publiée, réalisée par l’équipe d’Epi-phare, s’y est attachée (1). « Ses résultats montrent que, sur la saison 2024-2025, l’immunisation passive des nouveau-nés est un peu plus efficace que la vaccination des mères, avec des taux d’hospitalisations infantiles à 3 mois de 1 %, versus 1,3 %. Ce qui ne remet toutefois pas en cause l’efficacité de la vaccination maternelle », soulignent les auteurs. D’autant que l’activité de la vaccination dans la vraie vie vient d’être confirmée et documentée dans une vaste étude écossaise en population, cette étude témoignant d’une réduction de plus de 80 % des hospitalisations (2). Sans oublier la différence de coûts entre les deux stratégies pour les familles, avec en France un vaccin à 200 euros pris en charge à 100 %, versus le nirsevimab, à 400 euros, pris en charge à 30 %.
Une étude de cohorte en population
L’étude a été menée à partir des données du PMSI. Ont été retenues les vaccinations maternelles effectuées entre la 32e et la 36e semaine de grossesse et les immunisations infantiles réalisées avant la sortie de la maternité et ce, pour les enfants nés entre septembre et décembre 2024.
Au total, 21 280 nouveau-nés de mère vaccinée ont été appariés à 21 280 nouveau-nés ayant reçu le nirsevimab. L’appariement a été fait sur la base de la date de sortie de la maternité, le sexe, l’âge gestationnel et la région.
Le critère primaire est l’hospitalisation pour infection respiratoire basse à VRS.
Les critères secondaires sont l’admission en soins intensifs, le recours à la ventilation et l’oxygénothérapie.
Le suivi médian des nouveau-nés est de 84 jours après leur sortie de la maternité.
Moins d’hospitalisations après immunisation passive
Au total dans cette cohorte, on a enregistré 481 hospitalisations pour infection respiratoire basse à VRS. Parmi elles, 212 (44 %) sont survenues dans le groupe nirsevimab, contre 269 (56 %) dans le groupe d’enfants nés de mère vaccinée. Soit 1 % d’hospitalisations versus 1,3 %. L’immunisation passive des nouveau-nés est donc assortie de moins d’hospitalisations. Le RR ajusté est estimé à 0,74 [0,61-0,88]. L’immunisation passive est en outre associée à moins de passage en unités intensives (RRa = 0,58), moins de nécessité de ventilation (RRa = 0,57) et moins de recours à l’oxygénothérapie (RRa = 0,56). Et ces résultats sont homogènes dans tous les sous-groupes.
En pratique, cette analyse comparative suggère que l’immunisation est plus efficace en termes d’hospitalisations. Néanmoins, elle se limite, comme les auteurs eux-mêmes le soulignent, à une seule saison épidémique. Enfin, en absence d’étude randomisée, des biais ne peuvent pas être totalement écartés.
(1) MJ Jabagi et al. Nirsevimab vs RSVpreF Vaccine for Respiratory Syncytial Virus–Related Hospitalization in Newborns. JAMA 2025
(2) I McLachlan et al.Effectiveness of the maternal RSVpreF vaccine against severe disease in infants in Scotland, UK: a national, population-based case–control study and cohort analysis. Lancet Infect Dis. Published online November 28, 2025
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