La vaccination contre la coqueluche au cours de la grossesse est enfin recommandée en France, afin de protéger le nourrisson dès sa naissance, période où elle est particulièrement dangereuse. L’OMS la recommande depuis 2015, et les données acquises dans d’autres pays (Belgique, Royaume-Uni, Espagne, États-Unis… elle a même été autorisée à Mayotte en situation épidémique dès 2018) montrent une baisse du nombre de cas, d’hospitalisations et de décès par coqueluche, en particulier chez les nourrissons âgés de 0 à 3 mois.
« Le concept d’une vaccination contre la coqueluche chez la femme enceinte repose sur le fait que la vaccination des nourrissons n’est possible et recommandée qu’à partir de 2 mois, laissant ainsi une fenêtre de contamination possible de 8 semaines, alors que la stratégie du cocooning présente certaines limites », explique le Pr Olivier Picone (Hôpital Louis Mourier, AP-HP).
Or, le passage transplacentaire d’anticorps anti-coqueluche confère une protection immunitaire pendant les premières semaines de vie. La vaccination est recommandée à partir du second trimestre de la grossesse afin d’optimiser ce transfert.
Bien qu’elle soit possible au premier trimestre, elle n’est pas recommandée à ce terme car moins efficace, le placenta étant alors moins perméable. Par ailleurs, il faut que la vaccination de la mère ne soit pas trop proche de l’accouchement pour que suffisamment d’anticorps passent et que le nouveau-né soit protégé.
Quels que soient les délais entre les grossesses, la vaccination doit être renouvelée à chaque grossesse, pour permettre un boost d’anticorps, et que ceux-ci soient en assez grande quantité chez le fœtus pour perdurer jusqu’à ce que la vaccination de l’enfant prenne le relais.
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