Des troubles du développement observés chez 14 % des enfants exposés in utero au Zika

Par
Damien Coulomb -
Publié le 13/12/2018
zika enceinte

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Crédit photo : AFP

Selon des travaux communiqués dans un courrier adressé par des chercheurs américains et brésiliens au « New England Journal of Medicine », 14 % des 182 enfants d'une cohorte brésilienne souffrent d'un retard sévère du développement après une exposition in utero au virus Zika Ces chiffres sont plus élevés que ceux rapportés dans la littérature : environ 10 % de défauts à la naissance tels que des anomalies cérébrales, microcéphalie, anomalies oculaires, mauvaise fermeture du tube neural.

Il s'agit des dernières données issues du suivi d'une cohorte prospective, mise en place au Brésil en juin 2016, et composée de femmes chez lesquelles une infection symptomatique par le virus Zika a été confirmée au cours de leur grossesse.

11 % d'anomalies cérébrales structurelles

Sur l'ensemble de ces enfants, 115 ont bénéficié d'au moins un examen d'imagerie cérébrale (échographie cérébrale, tomodensitométrie ou IRM). Entre 12 et 18 mois, 104 enfants ont été sélectionnés car ils venaient tous du même milieu socio-économique. Ils ont bénéficié d'une évaluation neurologique dans 3 domaines : cognition, langage et fonction motrice. L'évaluation s'appuie sur le test standardisé Bayley-III, dont les résultats se mesurent sur la base d'un score sur 100. Entre 85 et 100 dans un des 3 domaines, l'enfant est considéré comme souffrant d'un déficit léger. En dessous d'un score de 70, il souffre d'un déficit lourd.

Chez les 94 enfants qui ont bénéficié d'un examen d'imagerie médicale et d'une évaluation neurologique, 11 % présentaient des anomalies cérébrales structurelles (aucun cas de microcéphalie), 26 % avaient un score entre 71 et 85 dans au moins un des domaines évalués, et 12 % avaient un score inférieur ou égal à 70. Globalement, et en croisant ces différentes sources de données, les auteurs ont estimé que 14 % d'entre eux souffraient d'un retard de développement.

 


Source : lequotidiendumedecin.fr