Les péricytes, un levier possible pour agir à la phase précoce de la maladie d'Alzheimer

Par
Dr Irène Drogou -
Publié le 24/06/2019
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Crédit photo : S. Toubon

À quoi est due la baisse précoce du débit sanguin cérébral dans la maladie d'Alzheimer ? Des chercheurs de l'University College London rapportent dans « Science » que tout pourrait se jouer au niveau des capillaires, et plus précisément des péricytes, via un signal envoyé par les peptides β amyloïdes.

Alors que le débit sanguin cérébral est altéré très tôt dans la maladie d'Alzheimer, les péricytes pourraient être une piste possible pour intervenir à la phase précoce. pour le Pr David Attwell, auteur senior : « Alors qu'une diminution du flux sanguin est le premier signe cliniquement détectable de maladie d'Alzheimer, notre recherche génère de nouvelles voies pour de possibles traitements à la phase précoce de la maladie. »

L'hypothèse vasculaire

Ces résultats proposent un chaînon manquant dans la connaissance de la physiopathologie de la maladie neurodégénérative. Alors que les pistes ciblant les dépôts amyloïdes testées jusque-là se sont révélées décevantes, l'hypothèse vasculaire pourrait se révéler plus efficace. Par ailleurs, il est de plus en plus clair que la prise en charge des facteurs de risque vasculaire, l'HTA en particulier, permet de prévenir le risque de démence.

À partir de prélèvements cérébraux issus de patients atteints et dans un modèle murin, l'équipe coordonnée par Ross Nortley montre que les dépôts β amyloïdes entraînent une contraction des capillaires cérébraux via une signalisation aux péricytes.

Inhiber la contraction des péricytes

Selon les travaux des chercheurs, les composés réactifs de l'oxygène générés par les peptides β amyloïdes entraînent la libération d'endothéline 1, ce neuropeptide étant un vasoconstricteur activant les récepteurs des péricytes. De plus, d'après leurs calculs, la réduction du flux sanguin cérébral obtenue par la contraction des péricytes est comparable à celle observée lors de la maladie d'Alzheimer.

« Les dégâts synaptiques et neuronaux dans l'Alzheimer sont habituellement attribués à l'accumulation de protéines amyloïde et tau dans le cerveau, développe David Attwell. Notre recherche soulève la question de savoir quelle fraction de l'atteinte est la conséquence de la diminution d'apport énergétique que les peptides amyloïdes entraînent en contractant les petits vaisseaux sanguins cérébraux. » L'inhibition de la contraction capillaire pourrait être une piste pour diminuer la neurodégénérescence dans la maladie d'Alzheimer, est-il proposé.

 


Source : lequotidiendumedecin.fr