Solidays : la lutte contre l'épidémie doit s'intensifier, interpellent les associations

Par Coline Garré
- Publié le 21/06/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
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Crédit photo : AFP

« La fin de l'épidémie de VIH est en ligne de mire, mais pas encore tout à fait à notre portée. (...) L'heure est venue d'accélérer le mouvement pour en finir avec le sida », interpellent dans « Le Monde » l'artiste Elton John, créateur de la fondation éponyme contre le sida, Peter Sands, directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, et Lelio Marmora, directeur exécutif d'Unitaid, alors que débute ce 21 juin le festival Solidays. 

Certes, « le sida n'est plus synonyme de condamnation à mort et le VIH n'est plus un fardeau cruel qui vous écrase dès la naissance », écrivent-ils. Près de 22 millions de personnes (sur 36,9 millions de séropositifs) bénéficient de traitements antirétroviraux – grâce à Unitaid et au Fonds mondial –  et plus de 93 % des femmes d'Afrique orientale et australe, porteuse du VIH, donnent naissance à des enfants sains. 

Mais « les taux de nouvelles infections et de mortalité ne baissent pas assez rapidement. Il semblerait que la diminution du nombre de décès imputables au sida stagne depuis trois ans, certaines régions de la planète enregistrant même une hausse pour la première fois depuis des décennies », poursuit le trio. 

Elton John, Peter Sands et Lelio Marmora invitent donc à amplifier la solidarité autour de la lutte contre l'épidémie, lutte où la France joue – historiquement – un grand rôle : elle est le deuxième donateur du Fonds mondial, et le premier d'Unitaid ; et accueille à Lyon en octobre la 6e conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, où l'objectif sera de récolter au moins 14 milliards de dollars (12,5 milliards d'euros), nécessaires à la mise en œuvre des programmes de l'ONUSIDA entre 2021 et 2023.  

Cet appel fait écho à celui du Conseil national du sida qui exhortait en mai la France à accroître sa contribution triennale au Fonds mondial et à renforcer son positionnement dans le combat contre la pandémie. Et rejoint celui de Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida, en 2018 : « Ce n'est pas le moment de baisser la garde. » 

À Paris, un accès aux seringues stériles aléatoires

De son côté, l'association Act Up dénonce des entraves dans la politique de réduction des risques, notamment dans l'accès aux seringues stériles en pharmacie. L'organisation a réalisé des tests dans un peu plus d'un tiers des 1 000 pharmacies parisiennes en 2018 et 2019, pour voir si elles mettaient à disposition les kits Stéribox, contenant le matériel nécessaire pour deux injections stériles. Seulement 52 % des officines vendaient ces trousses (autour de 1 euro), 48 % n'en disposaient pas et n'étaient pas en mesure de proposer des seringues stériles hors kit. 

En outre, seulement 7,5 % des officines parisiennes hébergeaient un distributeur automatique de seringues stériles, qui fonctionne avec des jetons distribués gratuitement par l'association SAFE. 

Des résultats peu satisfaisants « alors que la région concentre 42 % des découvertes de séropositivité, et que le taux d'incidence de l'hépatite C est deux fois supérieur à celui observé en métropole », observe Bettina Petit, responsable plaidoyer chez Act Up. 

L'Association demande au Conseil national de l'Ordre des pharmaciens « d'encourager la vente de Stéribox et plus généralement de matériel d'injection stérile, en officine »