Masques, tests de dépistage, hydroxychloroquine, Salomon, municipales… les 10 vérités de Buzyn

Par
Stéphane Long -
Publié le 04/07/2020

Crédit photo : DR

L’ex-ministre de la Santé a donné sa version des faits sur la gestion de la crise sanitaire en France au cours d’une audition, le 30 juin dernier, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale.

Pendant près de quatre heures, Agnès Buzyn a défendu son action lorsqu’elle était aux commandes. Pénurie de masques, manque de tests, absence d’anticipation…elle a réfuté les accusations d’impréparation du système de santé français. Elle l’affirme, lorsqu’elle a quitté le ministère le 16 février pour se lancer dans la campagne municipale à Paris, tout était prêt pour faire face à une éventuelle épidémie. En dix points, voici les réponses de l’ex-ministre sur les sujets les plus litigieux.

Non, elle n’a pas tardé à commander des masques
La polémique sur la pénurie de masques n’a cessé d’enfler au cours de la crise sanitaire. L’État n’aurait pas anticipé le besoin de masques pour lutter contre la propagation du virus SARS-CoV-2 ? Faux, dit Agnès Buzyn qui affirme avoir passé commande le 28 janvier pour reconstituer un stock d’État alors même que l'OMS n'avait pas encore déclaré l'alerte. À l’époque, nuance l’ex-ministre, ces masques étaient destinés aux personnels soignants et non pas à la population générale. Elle oublie cependant d’évoquer le cas des médecins de ville, pour lesquels les masques arriveront tardivement, et au compte-gouttes.

 

Oui, elle a eu très tôt conscience du danger et elle a préparé la France
Agnès Buzyn se défend d’avoir sous estimé la menace d’une épidémie, notamment lors de sa première conférence de presse du mois de janvier au cours de laquelle elle déclare que le risque de propagation du coronavirus était « pratiquement nul en France ». Bien au contraire, elle aurait eu l’intuition qu’il se passait quelque chose dès le mois de décembre 2019, à la lecture d’un blog anglophone. Dès le mois de janvier, elle aurait pris des mesures pour préparer le pays à une éventuelle menace, devançant, dit-elle, les alertes internationales. Morceaux choisis.

 

Oui, elle a eu raison de ne pas recommander le port du masque au mois de janvier
C’est une déclaration sur laquelle l’ex-ministre a été très critiquée. Le 23 janvier, elle affirme durant une conférence de presse qu’il n’y a aucune raison que les Français non contaminés portent un masque. Devant les députés, Agnès Buzyn justifie ses propos.

 

Oui, elle approuve la destruction de masques périmés
La question des masques est revenue sur le tapis à de nombreuses reprises durant l’audition, notamment à travers une question de Josiane Corneloup. La députée (LR) de Saône-et-Loire interroge Agnès Buzyn sur la gestion des masques du stock d’États : pourquoi avoir détruit des milliers de masques qualifiés de périmés quand d’autres issus du même stock stratégique ont été remis en circulation durant l’épidémie ?

 

Non, la France n’a pas manqué de tests lorsqu’elle était ministre
Comment se fait-il que la France ne pouvait réaliser que 3 000 tests par jour, début mars, quand l’Allemagne en faisait 50 000 ? C’est la question posée par Éric Ciotti, rapporteur de la commission d’enquête. Agnès Buzyn ne lui répond pas directement. Et pour cause : elle avait quitté le ministère le 16 février, deux semaines plus tôt, pour se présenter à la mairie de Paris. Mais elle l’affirme : au moment de son départ, un test de dépistage avait été mis au point et tout avait été mis en œuvre pourle mettre à disposition des hôpitaux pendant la phase 1 de la crise sanitaire, alors qu’elle était aux commandes. Explications.

 

Non, la France n’était pas moins bien préparée que l’Allemagne
L’Allemagne a enregistré quatre fois moins de décès liés au Covid-19 que la France. Parce qu’elle était mieux dotée en tests de dépistage ? Parce que le système de santé de notre voisin était mieux préparé ? Réponse de l’ex-ministre, qui livre ses sentiments en tant que médecin.

 

Non, elle n’a pas quitté le navire en pleine tempête
Le 16 février, Agnès Buzyn démissionne du ministère de la Santé pour se lancer dans la campagne municipale de Paris sous l’étiquette LREM, en remplacement de Benjamin Griveaux. Pourquoi abandonner ses fonctions alors qu’elle pressent la crise sanitaire à venir ? La France était-elle prête à affronter la tempête lorsqu’elle a quitté son poste ? Réponse en deux temps d’Agnès Buzyn.

 

Oui, le Pr Jérôme Salomon a été à la hauteur
Très décrié par les médecins de l’UFML-S, le directeur général de la santé est encensé par Agnès Buzyn qui fait l’éloge du Pr Jérôme Salomon à deux reprises lors de son audition.

 

Non, il n’y a pas de complot contre l’hydroxychloroquine et le Pr Didier Raoult
Pourquoi avoir placé l’hydroxychloroquine sur la liste II des substances vénéneuses, nécessitant une ordonnance, deux mois avant l’épidémie ? Pourquoi Agnès Buzyn n’a-t-elle pas participé à l’inauguration de l’IHU Méditerranée infection du Pr Didier Raoult, promoteur d’un traitement à base d’hydroxychloroquine ?… Les députés s’interrogent sur le rôle de l’ex-ministre dans les décisions prises sur ce médicament très controversé sur fond de soupçons de conflits d’intérêts entre son mari, Yves Lévy, président de l’Inserm jusqu’en 2018 et l’industrie pharmaceutique. Mise au point d’Agnès Buzyn.

 

Oui, l’article du « Monde » était une réponse à ceux qui l’accusaient de n’avoir rien vu
Publié le 17 mars dans « Le Monde », juste après le premier tour des municipales, cet article aura fait beaucoup de tort à la candidate à la mairie de Paris. Agnès Buzyn y fait des déclarations très contradictoires annonçant qu’elle savait qu’une catastrophe sanitaire se préparait au moment où elle avait quitté le ministère de la Santé quelques semaines plus tôt. « Ce n’est ni une interview, ni une déclaration », répond l’intéressée qui rappelle le contexte de cet entretien avec « Le Monde ».


Source : lequotidiendumedecin.fr