Epidémie d'Ebola en RDC : l'OMS revoit sa stratégie vaccinale

Par
Coline Garré -
Publié le 10/05/2019
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Crédit photo : AFP

Face à l'intensification de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et aux troubles sécuritaires qui secouent le pays et perturbent le travail des équipes sanitaires, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) revoit sa stratégie vaccinale. 

Le groupe stratégique consultatif d'experts (SAGE) émet plusieurs recommandations, pour élargir le cercle des personnes vaccinées autour d'un cas, tout en garantissant la disponibilité du vaccin, qui pourrait être menacée si l'épidémie perdure. 

Le SAGE préconise d'administrer aux personnes à haut risque (cas contacts, et contacts de contacts qui étaient les seuls vaccinés jusqu'à présent, et professionnels de santé) 0,5 ml de vaccin rVSV ZEBOV GP, au lieu de 1 ml. Les dosages se sont avérés être d'efficacité similaire, dans le cadre de l'essai Guinéen de 2015 « Ebola ça suffit ! ».

Les personnes à faible risque, qui ont fréquenté le village ou l'entourage d'un cas contact dans les 21 jours et pourraient être impliquées dans une transmission tertiaire, devraient, elles, recevoir 0,2 ml. Au-delà de l'agrandissement du cercle des personnes immunisées, le développement de la vaccination devrait permettre d'accroître la confiance des populations et leur acceptation des vaccins.  

Les experts de l'OMS recommandent en outre d'offrir un vaccin autre que le ZEBOV aux cas à bas risque, moyennant leur consentement éclairé : le vaccin expérimental Ad26.ZEBOV/MVA-BN de Johnson & Johnson, qui arrive dans les dernières phases de son évaluation. 

Le SAGE propose d'adopter de nouvelles stratégies de vaccination qui ont fait leur preuve dans des contextes de tensions communautaires : installer le point de vaccination sur un site temporaire, protégé, et accepté de la population, à distance des cas contacts, et inviter simultanément ces derniers, et les contacts de contacts à s'y rendre. 

Enfin, il encourage l'introduction de formulaires de recueil de consentement plus simples, prévoyant un suivi des éventuels effets secondaires par téléphone (sauf pour les femmes enceintes et les enfants), le renforcement des campagnes de communication et le recours aux sciences sociales, pour savoir comment gagner la confiance des populations.

Plus d'un millier de décès 

Le dernier bilan en date du 7 mai fait état de 1 600 cas d'infection par le virus Ebola confirmés et probables depuis le début de l'épidémie (contre 1 367 mi-avril), dont 57 % de femmes, et 30 % d'enfants. On déplore 1 069 décès. 

L'OMS craint une augmentation des cas d'infection, à la suite des violences qui ont ciblé les équipes de travailleurs sanitaires et sociaux début mai à l'Est de la RDC, et les ont contraints à suspendre leur travail cinq jours durant.


Source : lequotidiendumedecin.fr