Comment vont les enfants à la sortie du confinement ? L'hôpital de Toulouse lance l'étude E-Cocoon

Par
Béatrice Girard -
Publié le 25/05/2020

Crédit photo : Phanie

Ouverte mi-mai par l’hôpital des enfants de Toulouse, la ligne téléphonique E-Cocoon* est déjà prise d’assaut. Au bout du fil, les parents et leurs enfants de 8 à 15 ans répondent à une grille de questions sur leur vécu des deux mois de confinement.

« L’objectif est de savoir comment les enfants ont vécu cette période, coupés de leur routine habituelle, envahis d’informations anxiogènes… et de repérer ceux qui pourraient développer des réactions de stress post-traumatique », explique le Pr Isabelle Claudet responsable du pôle des urgences médicales du centre hospitalier pédiatrique.

Plusieurs études déjà publiées sur le sujet, en Asie notamment, auprès d’enfants placés en confinement à la suite à de catastrophes météorologiques, de naufrage ou en temps de guerre, ont montré que les premiers signes de stress post-traumatique apparaissent au bout de dix jours de confinement. « Nous ne savons pas dans quelle mesure les effets pourront être décuplés dans notre cas, mais il nous a paru indispensable de mesurer les effets après deux mois de confinement. »

Une prise en charge clinique si nécessaire

La pédiatre prévoit d’inclure entre 500 et 1 000 enfants dans l’enquête avec un impératif : faire la passation dans les deux à trois semaines maximum qui suivent la sortie de confinement. « Nous savons d’expérience que les 8-10 ans notamment ont tendance à passer rapidement à autre chose dès qu’ils revoient leurs copains et retournent l’école, or nous cherchons vraiment à mesurer la prévalence des troubles dans cette population », explique-t-elle.

Peurs, cauchemars ou troubles du sommeil, images envahissantes et reviviscentes liées au virus, hyper-vigilance, colère, évitement, difficultés de concentration… L’enquête E-Cocoon mesure tous les critères de stress post-traumatiques et suggérera aux familles dont les enfants auront des scores élevés dans l’échelle de mesure, de consulter leur médecin ou leur pédiatre pour mettre en place une prise en charge psychologique.

Depuis le lancement de l’enquête le 15 mai 2020, la ligne est surchargée. « Nous avons eu une dizaine d’appels dès le premier jour et vingt-cinq le second. Les familles sont adressées notamment par les urgences de l’hôpital des enfants, mais pas uniquement. Nous pressentions qu’il y avait une attente, mais nous ne nous attendions pas à ça », note la spécialiste. Elle décrit notamment « beaucoup de demandes de la part des personnels du CHU soignants et non soignants dont les familles ont vraiment vécu une sorte de double peine pendant cette période. » Les résultats sont attendus à l’automne.

Pour participer à E-Cocoon Tél. 05 34 55 86 73. Du lundi au vendredi de 8 à 18 heures.

 

 

Béatrice Girard

Source : lequotidiendumedecin.fr