Un vaccin contre la coqueluche produit par manipulation génétique plus efficace que les vaccins acellulaires classiques

Par Damien Coulomb
- Mis à jour le 15/07/2019
coqueluche

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Crédit photo : PHANIE

Les vaccins actuellement disponibles contre la coqueluche procurent une protection pendant un peu plus de 10 ans, après quoi un rappel est nécessaire. C'est pour étendre cette période de protection que le laboratoire Thaïlandais Bionet a mis au point un nouveau vaccin acellulaire, comprenant des toxines pertussiques inactivées par manipulation génétique (PTgen), en remplacement des toxines pertussiques inactivées par voie chimique (PTchem) classique.

Le concept consiste à modifier le génome de Bordetella pertussis cultivées in vitro, afin qu'elles produisent des toxines non pathogènes, mais dont les antigènes sont plus immunogènes que ceux dégradés par une inactivation chimique.

Dans une étude de phase 2/3 publiée dans le « Lancet Infectious Disease », les chercheurs de Bionet, associés aux infectiologues du centre de d'essai vaccinal de l'université de Mahidol, à Bangkok, démontrent que ce nouveau candidat vaccin entraîne une meilleure séroconversion que les vaccins acellulaires incluant des PTchem, un an après l'injection.

Les auteurs ont recruté 450 adolescents âgés de 12 à 17 ans, enrôlés entre le 6 juillet 2015 et le 20 août 2015, puis répartis en 3 groupes égaux. Le premier groupe a reçu une dose unique de vaccin monovalent acellulaire contenant du PTgen et des hémagglutinines filamenteuses (FHA) de Bordetella pertussis. Le 2e groupe a reçu une dose de vaccin monovalent PTgen/FHA et une dose de vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTaP). Le dernier groupe n'a reçu qu'une dose de DTaP.

Absence d'événement secondaire lié au vaccin

L'étude du « Lancet » a analysé les données de 150 volontaires. L'intensité de la séroconversion a été évaluée en mesurant le pourcentage de volontaires qui, un an après la vaccination, ont un taux d'IgG dirigé contre la toxine pertussique 4 fois supérieure à celui qu'ils avaient avant l'injection.

C'était le cas de 76 % des participants du premier groupe (PTgen/FHA), de 81 % de ceux du groupe ayant reçu les 2 vaccins, et de seulement 8 % du groupe comparateur n'ayant reçu que le vaccin DTaP. Les auteurs ont relevé 13 événements secondaires sévères chez 12 participants, mais aucun d'entre eux n'a été jugé lié à la vaccination. À noter qu'il a été observé une grossesse chez 5 participantes sans complication maternelle ou néonatale.

Les vaccins acellulaires contre la coqueluche ont remplacé les vaccins vivants atténués dans les années 1980. Depuis cette période, les fabricants se servent classiquement de formaldéhyde, de glutaraldéhyde ou de peroxyde d'hydrogène pour supprimer les propriétés lymphotoxiques des toxines pertussiques. Le candidat vaccin de Bionet dispose déjà d'une autorisation de mise sur la marche en Thaïlande, et un dossier est en cours d'instruction à l'Agence européenne du médicament.