Le gouvernement italien s’apprête à modifier la loi sur l'obligation vaccinale

Publié le 29/06/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
Giulia Grillo

Giulia Grillo
Crédit photo : AFP

Fidèle à ses promesses électorales, le gouvernement de coalition formé par le mouvement 5 étoiles (M5s) et la Ligue, s’apprête à démanteler la loi sur les 10 vaccinations obligatoires introduites en septembre 2017 par le centre-gauche. Un arrêté signé par Giulia Grillo, nouveau ministre de la Santé et membre de la nomenclature du M5S, va modifier un des points importants du dispositif.

Selon la loi en vigueur, les parents d’enfants en âge d’être scolarisés en maternelle ou insérés en crèches, doivent présenter un certificat de vaccination d’ici au 10 juillet afin de pouvoir les inscrire pour la rentrée prochaine. Avec le nouveau dispositif, cette date butoir va disparaître du calendrier scolaire. La deuxième étape sera franchie avec l’ouverture d’un débat parlementaire a annoncé la ministre de la Santé dans une note officielle.

Des positions un peu différentes

La question de la vaccination obligatoire a été inscrite par les deux partis dans le contrat de gouvernement signé par les leaders, Luigi Di Maio (M5s) et Matteo Salvini (Ligue). Leurs positions sont proches mais pas tout à fait identiques. Pour la nomenclature du M5s, la vaccination est essentielle pour combattre la résurgence de certaines épidémies mais ne doit pas être obligatoire. Le mouvement veut intensifier les campagnes de sensibilisation. Le patron de la Ligue toujours haut en couleurs, soutient en revanche le courant « no vax », les anti-vaccins. Il y a quelques jours, Matteo Salvini a réaffirmé durant une émission radiophonique, que « dix vaccins sont inutiles et dangereux ». Il a jeté un autre pavé dans la mare en remerciant toujours en direct, un couple de médecins qui a lancé une campagne de fonds afin d’acheter un microscope dont le coût est estimé à 70 000 euros. Avec cette opération, les deux chercheurs veulent disent-ils, prouver la présence de nanoparticules nocives dans les vaccins.

La communauté scientifique italienne a déjà réagi. Le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) a mis en ligne sur son site une vidéo de l’OMS réaffirmant la sécurité et l’utilité des vaccins pour bloquer les épidémies de maladies comme la diphtérie, les oreillons, la coqueluche et la rougeole. Pour leur part, l’Ordre des médecins et le bureau du calendrier de la vaccination qui regroupe des associations médicales et scientifiques, ont publié un communiqué évoquant le risque pour l’Italie « d’être à nouveau inscrite par l’OMS dans la liste des pays à risque d’infections » aux côtés de l’Afghanistan, Roumanie et Nigeria.

De notre correspondante Ariel F. Dumont

Source : lequotidiendumedecin.fr