Publi-rédactionnel réalisé par le Quotidien du Médecin Agence pour Santé publique France

Oser aborder le sujet sensible de l’alcool chez la femme enceinte

Publié le 25/08/2017
Oser aborder le sujet sensible de l’alcool chez la femme enceinte

Oser aborder le sujet sensible de l’alcool chez la femme enceinte
Crédit photo : ©Fotolia

Une femme qui présente des difficultés avec l’alcool a tendance à se sentir honteuse, coupable et à se déprécier, a fortiori pendant la grossesse et avoir du mal à en parler. A ces difficultés, viennent s’ajouter les multiples sollicitations existantes dans notre société (y compris dans son entourage) auxquelles la femme enceinte peut avoir du mal à résister. Cependant, d’après les résultats de l’enquête de Santé publique France en 2017*, la situation évolue: 86% de la population adulte française pense qu’il ne faut pas boire du tout d’alcool pendant la grossesse, et pour 37% de la population, le risque survient dès le premier verre, alors qu'ils n'étaient que 22% en 2015.
 
Alcool : repérer les femmes enceintes à risque
 
Il faut distinguer trois situations: les femmes qui ont une consommation modérée d’alcool et qui arrêteront sans difficulté,  les femmes ayant une addiction identifiée à l’alcool et les femmes qui ont des difficultés que l’on ne soupçonnait pas et n’arriveront pas à arrêter leur consommation malgré leur grossesse**.
Dans le premier cas, ces femmes qui avaient une consommation habituelle non excessive stopperont le plus souvent immédiatement leur consommation d’alcool dès qu’elles apprendront leur grossesse. Elles s’inquiètent souvent d’avoir consommé de l’alcool alors qu’elles ne se savaient pas enceinte. Il convient d’estimer le risque pris et d’engager la femme à prévenir son médecin pour assurer un suivi plus spécifique.

Dans le second cas, il est essentiel d’informer sur les risques de l’alcoolisation pendant la grossesse et d’orienter ces femmes consciente de leurs problèmes d’addiction vers des équipes spécialisées pour un accompagnement à la réduction ou à l’arrêt de la consommation, puis pour un dépistage précoce et la mise en place d’un suivi médical et social de l’enfant et de sa famille dès la naissance de l’enfant.
 
La troisième situation est celle qui pose le plus de difficultés à repérer, car la dépendance est cachée en raison d’un grand sentiment de culpabilité et de peur du jugement. Il s’agit donc d’évoquer de manière neutre et systématique la consommation d’alcool avant la grossesse avec toutes les femmes, quel que soit le niveau social, et de poser la question de la difficulté ou pas de l’arrêt.  Au moindre doute, un entretien plus approfondi permet d’aborder les leviers et les freins possibles pour être aider à arrêter. Si l’arrêt s’avère difficile, il est important de les assurer qu’à tout moment de la grossesse la diminution ou l’arrêt de l’alcool est bénéfique***. L’orientation vers des équipes spécialisées peut être proposée en accord avec la patiente et en fonction des situations en insistant sur l’existence d’un accompagnement et d’un suivi personnalisés de la grossesse et de l’enfant si nécessaire.  
 
 
Hélène Joubert
Pour plus d’informations à destination des femmes enceintes :
-          Alcool info Service, rubrique Grossesse
-          Annuaire des structures vers lesquelles les femmes enceintes qui éprouvent des difficultés à réduire leur consommation d’alcool peuvent se tourner : http://alcool-info-service.fr/alcool-et-vous/alcool-grossesse/accueil
 
* Étude BVA pour Santé publique France, réalisée par téléphone du 19 au 20 mai 2017, sur un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans ou plus, composé de 1004 personnes
** Intervention de Corinne Chanal, sage-femme (Montpellier) au congrès de l’ANECAMSP (9 septembre 2016, Paris)
*** Intervention de Karine GROUARD, Santé publique France aux rencontres Santé publique France « Alcool et grossesse : mieux connaître pour agir » 31 mai 2017

Source : lequotidiendumedecin.fr