Chez la souris, le placenta est capable de s'adapter à l'hypoxie

Par
Charlène Catalifaud -
Publié le 21/01/2019

« Les mitochondries jouent un rôle déterminant dans la fonction placentaire et contribuent à la croissance du fœtus pendant la grossesse », indique au « Quotidien » Amanda Sferruzzi-Perria. Elle est la première auteure d'une étude publiée dans les « PNAS » sur la capacité d'adaptation des mitochondries placentaires. Celles-ci représentent la principale source d'énergie permettant la croissance placentaire, le transport et la synthèse d'hormones.

Les chercheurs ont étudié la fonction mitochondriale du placenta de souris gestantes en condition normale et en condition d'hypoxie (correspondant à une grossesse en haute altitude). Leur consommation d'oxygène a été évaluée par respirométrie et des analyses moléculaires ont été réalisées.

Résultat : en fonction de l'environnement, les mitochondries placentaires sont capables d'adapter leur consommation d'oxygène et de nutriments (glucides et lipides) afin de répondre aux besoins énergétiques nécessaires à la croissance du fœtus.

Face à un environnement défavorable, les mitochondries semblent ainsi mettre en place un phénomène compensatoire afin de limiter, dans une certaine mesure, le risque de complications.

« Nos données soulignent que la fonction mitochondriale dans le placenta est très adaptable au cours de la gestation normale et en fonction des signaux environnementaux, ce qui semble aider à maintenir une croissance fœtale normale », indiquent les auteurs.

Mieux comprendre le retard de croissance intra-utérin

Ces résultats permettent de mieux comprendre les causes de retard de croissance intra-utérin. « Un phénomène qui menace la vie et la santé du bébé et qui affecte environ 10 % des grossesses dans le monde », estime Amanda Sferruzzi-Perria.

S'il est difficile d'étudier le fonctionnement du placenta chez les humains, la chercheuse indique : « La prochaine étape consisterait à cibler les mitochondries placentaires en modifiant leur fonction afin d’améliorer les chances de succès de la grossesse chez les femmes pour lesquelles nous savons que le résultat pourrait être médiocre », avance Amanda Sferruzzi-Perria.


Source : lequotidiendumedecin.fr