Carmat : on en sait plus sur les deux premiers patients greffés avec le cœur artificiel

- Mis à jour le 12/07/2019

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Du fait des enjeux économiques que représente l’aventure du cœur artificiel Carmat, les informations sur les trois patients opérés à ce jour sont jalousement gardées. Dans ce contexte, la publication des données dans le « Lancet » sur les deux premiers patients greffés était très attendue.

À ce jour 3 patients en insuffisance cardiaque très avancée ont été opérés, dont deux sont décédés, sur les cinq prévus dans l’essai de phase 1 actuellement en cours.

Le premier cœur CARMAT TAH a été greffé le 18 décembre 2013 chez un patient de 76 ans, et le deuxième chez un patient de 68 ans, le 5 août 2014. La deuxième procédure, réalisée au CHU de Nantes par l’équipe du Pr Daniel Duveau a été plus courte que la première réalisée à l’Hôpital européen Georges Pompidou par le Pr Christian Latrémouille : le second patient est resté sous circulation extracorporelle pendant 157 min contre 170 min pour le premier. Les deux patients sont restés 12 heures sous intubation trachéale après la fin de l’opération.

Les premières complications

Le premier patient a dû être réopéré 23 jours après la greffe, suite à une tamponnade. Le traitement anticoagulant a été interrompu pour cause de saignements postopératoires. Malgré ces complications, les auteurs précisent que le cœur artificiel remplissait toujours correctement son office, avec un débit moyen compris entre 4,8 et 5,8 l/min, et cela jusqu’au 74e jour, où un dysfonctionnement du CARMAT TAH a causé le décès du patient.

« L’autopsie n’a révélé aucune formation de thrombus à l’intérieur du cœur artificiel malgré une période de 50 jours sans anticoagulation », notent les auteurs avec optimisme.

Le deuxième patient a connu, quant à lui, une période transitoire d’insuffisance rénale ainsi qu’un épanchement péricardique nécessitant un drainage. Contrairement au premier patient, qui n’avait pas pu quitter l’hôpital faute d’un appareil portatif de contrôle du cœur artificiel.

Une nouvelle hospitalisation a été décidée, quatre mois après sont retour au domicile, à cause d’une baisse du débit cardiaque. Le patient n’a pas survécu à la tentative de changement de son cœur artificiel et est mort des suites d’un syndrome de défaillance multiviscéral.