Dossier

Sport et fibrillation atriale

Un risque accru en cas de pratique intensive

Publié le 15/11/2018
Un risque accru en cas de pratique intensive

sport et coeur
phanie

La fibrillation atriale (FA) est un trouble du rythme très fréquent, qui dans la majorité des cas est liée à des facteurs de risque modifiables qu’il faut prendre en charge : diabète de type 2, obésité, syndrome d’apnées obstructives du sommeil, hypertension artérielle. « Mais, chez un nombre croissant de patients, c’est le sport qui apparaît comme le facteur causal de la FA », a rapporté le Dr Philippe Ricard (Nice).

Le sport, tel que le cyclisme et la course à pied, pratiqué à raison de 150 minutes par semaine en trois séances, a de multiples effets positifs sur la santé, sur les sphères neurocérébrale (diminution de l’anxiété, du risque de démence et d’accident vasculaire cérébral, et amélioration des performances cognitives), endocrine (perte de poids, diminution du cholestérol LDL et moindre risque de diabète) et rhumatologique (moins d’ostéoporose et de chutes), bien entendu sur le système cardiovasculaire, en diminuant les risques de maladie coronaire et de décès, comme il réduit ceux de cancers du sein, du côlon et de la prostate.

Des modifications structurelles, fonctionnelles et électriques

Mais en cas de pratique du sport à haute dose, plus de dix heures par semaine, le cœur subit des modifications structurelles, fonctionnelles et électriques, qui n’entrent pas dans le cadre d’une cardiopathie, mais constituent une réponse du cœur à un entraînement intense et prolongé.

Plusieurs études, certes le plus souvent observationnelles et rétrospectives, ont souligné l’association entre sport intensif et survenue de FA paroxystique. De plus, ce risque de FA est associé à l’intensité et à la durée de l’effort, comme cela a bien été montré dans une étude menée chez des athlètes adeptes de courses de ski de fond.

Le registre prospectif norvégien TROMSO, qui a suivi quelque 20 000 sportifs de loisir pendant vingt ans, a montré que la relation entre le risque de FA et l’intensité de la pratique sportive suivait une courbe en J. Dans cette étude, le risque de FA était en outre d’autant plus élevé que la fréquence cardiaque de repos était basse, en particulier en dessous de 50 bpm.

Des mécanismes encore mystérieux

Les mécanismes physiopathologiques à l’origine de ce risque accru de FA chez les sportifs ne sont pas encore bien cernés. S’il existe une relation claire entre la durée de l’entraînement au cours de la vie et la taille de l’oreillette gauche, les données sur la fibrose et l’inflammation, bien fournies pour la souris, sont plus parcellaires pour l’homme. L’hypertonie vagale pourrait jouer un rôle, tout comme la stimulation sympathique, une susceptibilité génétique, ou l’hypertension artérielle, qui touche volontiers les cyclistes âgés de 60 ans et plus, de plus en plus nombreux. « Chez ces derniers, il peut être judicieux de suggérer de réduire le nombre d’heures de pratique hebdomadaire », a souligné le Dr Ricard.

D’après la présentation du Dr Philippe Ricard, Nice

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