Inquiétude en cardiologie interventionnelle relayée par le Syndicat national de l'industrie des technologies médicales (Snitem) : après trois ans de moratoire, plusieurs stents, des dispositifs médicaux utilisés dans la prise en charge endovasculaire de la maladie athéromateuse, ont été radiés de la liste en sus le 1er janvier 2026.
Cette liste permet au sein des établissements de santé la prise en charge par l'Assurance-maladie de spécialités pharmaceutiques et dispositifs médicaux (DM) pour certaines de leurs indications thérapeutiques, en sus des tarifs d'hospitalisation, lorsque ces indications présentent un caractère innovant. C’est concrètement une charge en moins pour les hôpitaux.
Dans ce cas de figure, le lobby industriel du DM et le Gaci (Groupe athérome coronaire et cardiologie Interventionnelle, qui rassemble 1 100 spécialistes hospitaliers et libéraux) de la société française de cardiologie s’inquiètent de cette nouvelle charge financière qui va peser sur les établissements de santé, puisque la suppression de la liste en sus des divers stents (définis dans deux arrêtés des 23 et 29 décembre dernier) n’a pas été intégralement compensée selon eux dans les tarifs hospitaliers.
Qu’est-ce qui va changer concrètement pour les établissements de santé ? Auparavant, dans la liste des produits et prestations (LPP, qui a été mise à jour le 12 février), les hôpitaux et cliniques recevaient 450 euros par stent posé en plus du groupe homogène de séjour (GHS). Désormais, ce tarif a été réintégré dans le GHS, revalorisé à hauteur de 500 euros environ. Souci : un GHS peut concerner une procédure qui réclame la pose d’un ou plusieurs stents. Dès lors, une opération qui implique un stent (acheté 450 euros) par patient fera gagner 50 euros à l’hôpital, mais une opération qui en implique deux (achetés 900 euros) fera perdre 400 euros à l’établissement.
Conséquence, les hôpitaux et les cliniques n’auront pas d’autre choix que de mettre très rapidement en concurrence les fournisseurs de ces produits pour leur faire baisser leurs prix.
Les médecins entre le marteau et l’enclume
En soi, la communauté de la cardiologie interventionnelle n’est pas surprise de la radiation des stents de la liste en sus, puisque ces dispositifs médicaux, utilisés depuis plus de trente ans, ne peuvent plus être considérés comme innovants.
Mais dans l’attente de la renégociation des tarifs, les médecins craignent que les directeurs d’établissements leur mettent la pression sur l’utilisation des stents, à utiliser avec parcimonie au regard de leur coût. « Pour les patients à qui il est nécessaire d’implanter trois ou quatre stents, les directions pourraient même pousser les équipes médicales à passer directement à la case chirurgie et pontage », redoute le Pr Éric Van Belle, ancien président du Gaci. Le cardiologue lillois propose donc d’agir en conséquence en différentiant les tarifs des GHS en fonction du nombre de stents implantés.
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