Un tiers des patients traités pour cancer font appel à la médecine douce

Par
Dr Irène Drogou -
Publié le 12/04/2019
cancer medecine douce

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Crédit photo : PHANIE

Plantes, chiropraxie, ostéopathie, massage, yoga/tai chi/qigong, méditation, homéopathie, naturopathie, hypnose, les médecines complémentaires séduisent les patients ayant ou ayant eu un cancer. Près d'un tiers ont fait appel dans les 12 mois à des traitements non conventionnels, révèle une petite étude américaine publiée dans « JAMA Oncology ».   

Les patients ne le disent pas

Dans une cohorte nationale de 3 118 patients traités pour cancer, l'équipe coordonnée par Nina Sanford à l'université du Texas révèle que 1 023 patients (33,3 %) suivent un traitement alternatif et que, parmi eux, 288 (29,3 %) en avertissent leur médecin. Les patients rapportent le plus souvent la prise de plantes (35,8 %), les manipulations chiropraxie et ostéopathie (25,4 %) et les massages (14,1 %). Seulement 11,8 % des patients prenant des plantes ne le disent pas à leur médecin versus 58,2 % des adeptes de la méditation (spirituelle, pleine conscience, mantra).

Les médecins ne posent pas la question

Les raisons les plus fréquentes avancées pour ne pas en parler au médecin sont le fait que le médecin ne pose pas la question (57,4 %) et que les participants considèrent l'information sans intérêt pour le praticien (47,4 %). Moins fréquemment, les patients préjugent que le médecin méconnaît le traitement (8,5 %) ou rapportent un manque de temps pour s'exprimer en consultation (5,7 %). Certains craignent une réaction négative (3,9 %) voire d'être dissuadés de poursuivre (3,6 %).

En parler pour mieux connaître

Comme le rappellent les auteurs, les motivations à rechercher un traitement alternatif sont multiples : persistance des symptômes, détresse psychologique, sentiment d'être acteur dans les soins. Compte tenu des potentielles implications dans le suivi et le pronostic tumoral, les oncologues américains appellent à étudier les effets sur le cancer des traitements non conventionnels et à émettre des recommandations visant à encourager la discussion sur ce thème entre patients et médecins.

 


Source : lequotidiendumedecin.fr