Le test génomique Oncotype DX confirme son intérêt chez les femmes à haut risque de récidive d'un cancer du sein

Par Dr Irène Drogou
Publié le 02/10/2019
- Mis à jour le 03/10/2019

Crédit photo : S. Toubon

La signature génomique Oncotype DX, qui donne une estimation du risque de récidive, vise à personnaliser le traitement dans le cancer du sein. Dans le « JAMA Oncology », l'équipe du Pr Joseph Sparano du centre Montefiore (New York) donne une nouvelle analyse dans un sous-groupe de patientes à haut risque à partir de la très large étude TAILORx (n = 9 179) sur le test de la signature à 21 gènes.

Ces derniers éléments en faveur du test génomique ont été présentés lors du congrès de la Société européenne d'oncologie médicale (ESMO) à Barcelone, qui a débuté le 27 septembre et se termine aujourd'hui.

Un intérêt montré dans la désescalade thérapeutique 

Dans les analyses précédentes, le test génomique avait montré son intérêt dans la désescalade thérapeutique chez les femmes ayant un score faible compris entre 11 et 25. L'hormonothérapie seule n'était pas inférieure à l'association chimiothérapie adjuvante et hormonothérapie.

Ici, l'équipe s'est intéressée à un sous-groupe de 1 389 patientes ayant des récepteurs hormonaux positifs, des récepteurs HER2 négatifs, sans atteinte ganglionnaire et présentant un risque élevé de récidive avec le test, c'est-à-dire ayant un score compris entre 26 et 100.

L'absence de récidive à 5 ans s'est révélée de 93 % à distance et de 91 % localement et/ou à distance chez ces femmes ayant été traitée par chimiothérapie adjuvante en association à l'hormonothérapie.

Identifier les patientes ayant un bénéfice à la chimiothérapie adjuvante

Ces chiffres sont « supérieurs à ceux attendus par l'hormonothérapie seule dans cette population », écrivent les auteurs. Pour Joseph Sparano, l'auteur principal, ces nouvelles données confirment « l'importance d'utiliser le test pour identifier la minorité de patientes qui auront un bénéfice significatif à l'association de chimiothérapie adjuvante à l'hormonothérapie ».

Dans ce suivi prospectif, le choix de la chimiothérapie était laissé à la discrétion du médecin, majoritairement une association docétaxel + cyclophosphamide (42 %) devant une anthracycline sans taxane (24 %) et l'association anthracycline et taxane (18 %). Aucune chimiothérapie n'a été administrée dans 6 % (non-adhérence) et la triple association cyclophosphamide + méthotrexate + 5FU dans 4 %. Tandis que le taux d'absence de récidive à distance était de 92-96 % à 5 ans chez les patientes traitées par taxanes et/ou anthracyclines, alors qu'il était de 89 % pour la triple association.


Source : lequotidiendumedecin.fr