Cancers pédiatriques en Loire-Atlantique : les autorités livrent leur plan de bataille

Par
Coline Garré -
Publié le 23/05/2019

Santé publique France lance trois études pour mieux comprendre l'excès de cancers pédiatriques en Loire-Atlantique, en particulier dans le secteur de Sainte-Pazanne où 12 ou 13 cas ont été rapportés depuis 2015, dont trois décès (chiffres non stabilisés). 

Ce 21 mai s'est tenu le 1er comité de suivi qui réunit experts, préfecture, élus, professionnels de santé, PMI, écoles, et le collectif de parents « Stop aux cancers de nos enfants ». Santé publique France et l'Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire y ont présenté leur plan d'action. « On a le sentiment d'avoir été entendus. C'était un échange constructif », a déclaré à l'issue de la réunion Johann Pailloux, membre du collectif des parents. 

Deux études épidémiologiques de SPF 

Une première étude épidémiologique conduite par SPF doit permettre d'identifier une possible source d'exposition commune pouvant expliquer l'excès des cas de cancers pédiatriques. La zone géographique s'étend sur sept communes : Sainte-Pazanne, Port-Saint-Père, Saint-Mars-de-Coutais, Machecoul-Saint-Même, Villeneuve-en-Retz, St-Hilaire-de-Chaléons et Rouans. Le questionnaire épidémiologique élaboré par le comité technique sera discuté avec le comité de suivi, précisent les autorités. Les entretiens avec les familles commenceront en juin. 

Une seconde étude épidémiologique, sur la base des registres, vise à vérifier s'il existe une sur-incidence de cancers pédiatriques dans cette zone géographique. 

Enfin, une étude de contexte local débutera dans les prochains jours, avec l'objectif d'identifier les craintes, questionnements, attentes, et savoirs des habitants. 

Prélèvements environnementaux 

En parallèle, l'ARS conduira des investigations environnementales et des prélèvements sur le secteur de Sainte-Pazanne. Sur la base des résultats de la première enquête menée en 2017 par l'ARS, et des signalements transmis dernièrement par le collectif « Stop aux cancers », cette enquête portera sur l'eau, l'air intérieur et extérieur, les rayonnements ionisants et les champs électromagnétiques dans les lieux de vie des petits patients. En outre, la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) conduira des investigations sur d'anciens sites industriels. 

L'objectif est de « lever des doutes sur certaines expositions environnementales et prendre si nécessaire des mesures de gestion », expliquent SPF et l'ARS. 

La deuxième réunion du comité de suivi se tiendra le 26 juin, et SPF livrera un rapport d'étape à l'automne 2019. En attendant, un enseignement post-universitaire sur les signes d'alerte des cancers de l'enfant sera organisé pour les médecins de la région le 18 juin en partenariat avec les CHU de Nantes et d'Angers, et le réseau OncopedPL. 


Source : lequotidiendumedecin.fr