Cancer : l’aspirine booste l’efficacité de l’immunothérapie

- Mis à jour le 12/07/2019

L’association d’un peu d’aspirine à l’immunothérapie pourrait fortement en augmenter l’effet thérapeutique en oncologie, selon une étude très encourageante chez la souris publiée dans « Cell ».

L’équipe britannique dirigée par Santiago Zelenay et Caetano Reis e Sousa au Francis Crick Institute a mis en évidence le rôle joué dans l’immunité par les prostaglandines E2 (PGE2) et la cyclooxygénase (COX) dans certains cancers. Ce pourrait être l’une des explications possibles à certains échecs de l’immunothérapie.

Les prostaglandines altèrent l’immunité

L’équipe est partie de l’observation initiale que certains cancers, comme la peau, le sein et le côlon, peuvent produire de fortes quantités de molécules pro-tumorales, les PGE2 via la COX. Les chercheurs ont montré que ces prostaglandines altèrent la fonction des cellules myéloïdes, ce qui diminue la réponse immunitaire. D’où l’idée qu’un blocage de la COX puisse réactiver le système immunitaire, améliorer l’efficacité de l’immunothérapie dans les cancers et in fine augmenter le contrôle tumoral. L’aspirine est l’un des inhibiteurs de COX les plus connus.

Les scientifiques ont observé chez des souris traitées par une immunothérapie antiPD1 que l’association à de l’aspirine, ou à un autre inhibiteur de COX, ralentit de façon significative la croissance de cancers du côlon et du mélanome, par rapport à l’immunothérapie seule. Pour les auteurs, ces observations chez l’animal ont de bonnes chances de se retrouver en clinique, car la signature inflammatoire COX-dépendante est retrouvée sur des biopsies de mélanomes humains. Il existerait « une activité COX, responsable d’immunosuppression parmi les différentes espèces ». Alors que l’inhibition de la COX s’est révélée synergique avec les antiPD1 dans l’éradication des tumeurs, les auteurs concluent que l’aspirine pourrait être utile en adjuvant dans les immunothérapies du cancer.