Anti-PD1 et tuberculose, une relation à surveiller

Par
Damien Coulomb -
Publié le 18/01/2019
tuberculose

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Crédit photo : PHANIE

La prise d'anti-PD1 expose-t-elle à l'activation d'une tuberculose latente ? C'est en tout cas une question qui mériterait d'être sérieusement posée, à en croire les 2 cas reportés aujourd'hui dans « Science Translational Medicine ».

Certains chercheurs avaient émis l'hypothèse que les anti-PD1 pourraient, en plus de leur activité anticancéreuse, être efficaces contre différents pathogènes, dont le Mycobacterium tuberculosis. Cet espoir a été battu en brèche par des résultats d'études précliniques menées chez la souris, au cours desquelles la prise d'anti-PD1 était associée à une plus vulnérabilité des animaux face aux infections par le Mycobacterium. Par ailleurs, plusieurs cas de tuberculoses survenus chez des patients traités par anti-PD1 ont renforcé la suspicion.

Deux cas cliniques

Les chercheurs américains des instituts nationaux de la santé (NIH), basés à Bethesda, ont étudié deux cas de patients. Chez le premier, une tuberculose pulmonaire aiguë d'issue fatale s'est déclarée 2 mois après le début du traitement par nivolumab. Le second malade, traité par pembrolizumab pour un carcinome à cellule de Merkel, a également développé une tuberculose, d'évolution non fatale.

Les chercheurs, ont analysé des prélèvements sanguins réalisés avant et après le début du traitement, et ont découvert une forte concentration en lymphocyte T CD4+ spécifiquement activés par les antigènes dérivés du Mycobacterium tuberculosis. Après administration d'anti-PD1, les CD4 producteurs d'interféron-γ sont devenus plus prévalents dans la population lymphocytaire, tandis qu'apparaissaient les manifestations cliniques de la tuberculose.

Cette découverte pourrait signifier que l'inhibition des PD1 pourrait augmenter la sévérité de la tuberculose chez l'homme, confirmant les données chez l'animal. Ils en concluent qu'un dépistage de la tuberculose pourrait être proposé avant toute initiation de traitement par un anti-PD1.

Un autre enseignement de ces 2 cas est, en cas de symptômes pulmonaires chez un patient traité par anti-PD1, de ne pas immédiatement conclure à une pneumopathie auto-immune, et de garder en tête la possibilité d'une réactivation de la tuberculose.


Source : lequotidiendumedecin.fr