Un programme EXPLORE le dépistage du cancer du poumon

4 projets de recherche novateurs récompensés

Par
Karelle Goutorbe -
Publié le 18/10/2019

Malgré la réalisation de plusieurs études, aux États-Unis et en Europe, sur l’intérêt d’un dépistage du cancer du poumon, celui-ci n’est toujours pas d’actualité en France et les recherches sur le sujet peinent à trouver un financement. Face à ce constat, le programme EXPLORE a retenu 4 projets de recherche qui bénéficieront d’un soutien à hauteur de 650 000 euros.

Crédit photo : Phanie

De nombreuses études chez des fumeurs (ou anciens fumeurs) ont cherché à évaluer l’impact que pourrait avoir le dépistage du cancer du poumon sur le taux de mortalité. Dès 2011, l’étude américaine NLST, comparant annuellement chez plus de 53 000 sujets une radiothérapie thoracique par rapport à une tomodensitométrie à faible dose, avait déjà mis en évidence une réduction de 20 % de la mortalité par cancer et de 6,7 % de la mortalité globale. Plus récemment, en 2018, l’essai européen Nelson réalisé chez plus de 15 000 individus et évaluant un dépistage par tomodensitométrie, versus observation, a montré une réduction de 26 % du taux de mortalité par cancer du poumon chez les hommes, à 10 ans de suivi, et de 39 à 61 % dans le sous-groupe de femmes. « Par rapport aux autres dépistages organisés du cancer, le dépistage du cancer du poumon bénéficie du plus haut niveau de preuves en termes d’impact populationnel, puisqu’il a montré une réduction de la mortalité par cancer et de la mortalité globale, précise le Pr Sébastien Couraud (CH Lyon Sud). On pourrait sauver jusqu’à 7 500 vies par an en France avec l’incorporation d’une stratégie de dépistage du cancer du poumon ».

Différentes techniques de détection

« Il existe beaucoup de biomarqueurs, notamment sanguins, qui permettent de détecter un cancer du poumon, explique le Pr Paul Hoffman (CHU de Nice). Les 4 biomarqueurs recherchés aujourd’hui dans le sang des patients sont l’ADN circulant, les micro ARN, les protéines plasmatiques ou les cellules tumorales circulantes (CTC). Actuellement, notre projet est d’intégrer l’imagerie scanographique, les marqueurs biologiques (micro ARN, CTC et protéines) et l’intelligence artificielle à travers des algorithmes permettant de définir le rythme de suivi du patient ». Ainsi, bien qu’aucun programme de dépistage organisé du cancer du poumon ne soit d’actualité en France suite à l’avis négatif rendu par la HAS en 2016, plusieurs projets cherchent à améliorer le dépistage et le diagnostic des cancers pulmonaires. Cependant, se pose le problème de leur financement…

4 projets sélectionnés pour un financement de 650 000 euros

Développé par le laboratoire Astra Zeneca, le programme EXPLORE a pour objectif de soutenir les projets de recherche mis en place dans ce domaine. Ainsi, un comité scientifique prestigieux composé de 11 experts de la discipline - tels que les Pr Sébastien Couraud, Paul Hoffman et David Pérol (Léon Bérard, Lyon) - a évalué 21 projets, parmi lesquels 4 ont été retenus et recevront un financement à hauteur de 650 000 euros :

• Le projet Da Capo, du Pr Charles-Hugo Marquette (CHU de Nice) va mettre en place une plateforme numérique pour retracer le parcours clinique des patients de l’incitation au dépistage à leur prise en charge pour en identifier les difficultés et les anomalies.

• Le projet LungScreenCT de Stéphanie Lopez (université Côte-d’Azur) a pour objectif la construction d’un outil d’aide au diagnostic du cancer du poumon grâce à l’intelligence artificielle.

• Le projet Acapulco de Franck Le Duff (Corse) proposera un dépistage annuel par tomodensitométrie à faible dose aux personnes de 50 à 74 ans avec un passé tabagique important, résidant en Corse et acceptant un sevrage tabagique.

• Le projet Ilyad du Pr Sébastien Couraud va évaluer, auprès de 23 000 personnes travaillant aux Hospices Civils de Lyon, différentes modalités de sollicitation au dépistage afin d’en optimiser la participation.

D’après la conférence de presse du laboratoire Astra Zeneca, le 27 septembre 2019.

Karelle Goutorbe

Source : lequotidiendumedecin.fr