Même à la ménopause, l’arrêt du tabac réduit le risque coronaire... sauf en cas de prise de poids

Publié le 03/07/2013
- Mis à jour le 03/07/2013
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Crédit photo : PHANIE

« Le tabagisme est une cause de maladie coronaire, risque que l’arrêt du tabagisme permet de réduire. Toutefois, un gain pondéral à la suite de l’arrêt est à même d’augmenter le risque de diabète et d’estomper le bénéfice de l’arrêt du tabagisme sur les coronaires », écrivent Juhua Luo et coll. (Université de l’Indiana) au terme de leur analyse.

Ils se sont appuyés sur l’étude WHI (Women’s Health Study) pour évaluer les liens entre l’arrêt du tabagisme, le gain pondéral et le risque de maladie coronaire, chez des femmes ménopausées, qui présentaient ou non un diabète.

Réduction du risque de 60 %

Dans cette étude, 161 808 femmes ménopausées de 50 à 79 ans ont été recrutées entre 1993 et 1998 et suivies tous les 6 mois. Celles ne présentant pas de maladie cardiovasculaire à l’inclusion ont été suivies jusqu’au 30 septembre 2010 (ou jusqu’à l’apparition de symptômes d’une maladie coronaire, ou d’un décès).

Parmi un effectif de 104 391 femmes suivies, 3 381 ont développé une maladie coronaire au bout d’une moyenne de 8,8 ans (sous la forme d’infarctus du myocarde manifeste ou silencieux, ou de décès coronaire).

Les résultats montrent que l’arrêt du tabagisme est associé à une réduction du risque de maladie coronaire chez ces femmes, qu’elles aient ou non un diabète. Le risque est réduit de 60 % chez celles qui sont diabétiques et qui ont arrêté le tabac, au bout de 9 ans, comparées à celles du même groupe qui ont continué à fumer.

La réduction du risque est identique pour celles qui ne sont pas diabétiques après un arrêt d’au minimum 3 ans.

Jamais trop tard

Les auteurs soulignent que leurs résultats confirment la notion de : « Il n’est jamais trop tard pour bénéficier de l’arrêt du tabagisme. » Quel que soit l’âge, le bienfait sur le risque de maladie coronaire se manifeste dans un délai relativement court, observent-ils : risque relatif de maladie coronaire réduit de 26 % chez les non-diabétiques et de 40 % chez les diabétiques qui ont arrêté depuis peu de temps.

Mais cette association est affaiblie en cas d’une prise de poids, en particulier chez les femmes diabétiques qui ont pris 5 kg ou plus. De fait, la majorité des femmes prennent en moyenne 5 kg après l’arrêt.

Luo indique : « Nous recommandons aux femmes d’essayer d’éviter de prendre trop de poids quand elles arrêtent de fumer. »

JAMA, 2013 ; 310(1) : 94-95

 Dr BÉATRICE VUAILLE