À partir du début de l'année 2020, la salle de consommation à moindre risque (SCMR) de Strasbourg, logera une dizaine de consommateurs de drogue injectable, une initiative unique en France mais inspirée par les dispositifs allemands et canadiens.
« L'hébergement, c'est la base du soin », explique le Dr Alexandre Feltz, adjoint à la mairie de Strasbourg chargé de la Santé. « La moitié des personnes accueillies n'a pas d'hébergement, poursuit le médecin généraliste. Si vous avez une infection pulmonaire, une hépatite, un abcès, on peut organiser les soins chez vous avec une infirmière, mais si vous êtes à la rue, ces soins de base ne peuvent pas être réalisés. »
20 places prévues à long terme
Des chambres individuelles seront aménagées à l'étage de la SCMR, là où ont été récemment démontées des salles de chirurgie thoracique. Un espace de vie et une cuisine partagée seront également installés. Sur les quelque 500 inscrits de la salle, dix, puis à plus long terme vingt, pourront y être hébergés pendant quelques mois, le temps d'entrer dans une démarche de soin (prescription et équilibrage d'un traitement de substitution, prise en charge de comorbidités), avant de rejoindre un hébergement plus pérenne. Ils accéderont à leur hébergement par une entrée.
Les chiens seront les bienvenus dans l'hébergement, dans la limite de 3 ou 4 animaux à la fois. L'association Ithaque, qui gère la salle, espère pouvoir loger 60 à 80 résidents par an, avec une rotation tous les deux mois environ. « L’espérance de vie des gens à la rue est la même que celle des pays les plus pauvres au monde – autour de 45 ans –, il est très important de sortir les gens de la rue, notamment les toxicomanes et les personnes malades », souligne le Dr Feltz.
Baptisée ARGOS, la SCMR de Strasbourg est une des 2 seules « salle de shoot » en France ouverte dans le cadre de l'expérimentation nationale inscrite dans la loi de modernisation de notre système de santé adoptée en 2015.
Damien Coulomb avec AFP
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