Alcool, tabac, cancer, hépatite C... : 25 mesures pour faire de la prévention une réalité

Par Coline Garré
- Publié le 26/03/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
plan sante

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Crédit photo : AFP

Le gouvernement a dévoilé ce 26 mars 25 mesures pour « rester en bonne santé tout au long de sa vie », qui constituent le premier volet de la Stratégie nationale de santé, intitulé « Priorité prévention ». 

« Pour la première fois en France, c'est l'ensemble du gouvernement qui s'engage résolument pour que la prévention ne soit plus seulement un concept, mais une réalité », écrit le Premier ministre Édouard Philippe, rappelant que la mortalité évitable et prématurée est trop élevée en France. La ministre de la Santé Agnès Buzyn insiste, elle, sur la lutte contre les inégalités de mortalité et de morbidité, « inacceptables »

Les actions de « Priorité prévention », qui sont classées selon les âges de la vie (et non par thématique, comme alcool, nutrition, etc.), représentent un investissement de 400 millions d'euros pour cinq ans. 

Sensibilisation tous azimuts pour les femmes enceintes

Le plan prévoit une supplémentation systématique en acide folique (vitamine B9) des femmes au moins 4 semaines avant la conception, et durant les deux premiers mois de grossesse afin de réduire l'incidence des anomalies de fermeture du tube neural.

Pour lutter contre les consommations à risque, le pictogramme « interdit aux femmes enceintes » devrait gagner en visibilité sur les bouteilles d'alcool en 2019. Les futures mères auront à leur disposition des auto-questionnaires sur leur consommation d'alcool, de tabac et de cannabis, lors de l'entretien prénatal précoce ; informations et messages clefs leur seront aussi diffusés tout au long de leur grossesse. 

D'ici à fin 2018, un site d'information du public (Santé publique France/ANSES) sera lancé sur Internet pour prévenir les risques d'exposition aux produits chimiques dont les perturbateurs endocriniens, assorti d'une campagne de communication. 

Prévenir IST, alcool, tabac, audition chez les jeunes 

Le gouvernement entend mieux construire le parcours de santé des enfants de 0 à 6 ans grâce à la diffusion du carnet de santé numérique en 2018, la dématérialisation des certificats de santé de l'enfant d'ici à 2020, et l'expérimentation sur trois territoires d'un parcours « santé - accueil - éducation ». 

Pour réduire le surpoids et l'obésité, l'expérimentation lancée dans 4 départements (Nord, Pas-de-Calais, Seine-St-Denis, Réunion) sera poursuivie ; le forfait permettant au médecin traitant de l'enfant de prescrire des consultations diététiques, des bilans d'activité physique ou des consultations psychologiques sera complété par la proposition d'activité physique. 

Une centaine de postes d'assistants spécialistes « outre-mer » seront créés pour renforcer l'offre médicale dans les territoires ultramarins. 

À l'école, les programmes de promotion de la santé seront développés, ainsi que des « ambassadeurs élèves » de prévention. Une nouvelle mallette des parents sera revue à la prochaine rentrée. Des partenariats entre collèges, lycées et consultation jeunes consommateurs (CJC) seront favorisés. Par ailleurs, ces CJC verront leurs interventions renforcées sur le territoire, « hors les murs », grâce aux recettes de l'amende forfaitaire pour usage simple de stupéfiant. 

Les jeunes qui se retrouvent aux urgences après un épisode de « binge drinking » se verront systématiquement proposer une démarche préventive et une orientation. Les équipes de liaison spécialisées en addictologie (ELSA) des établissements de santé seront renforcées, en lien avec les CJC et les maisons des adolescents. 

Dans les régions à forte incidence d'IST, un programme de prévention en santé sexuelle pour les moins de 25 ans devrait être expérimenté en 2019 : son cahier des charges, élaboré en 2018, devrait inclure une carte donnant un accès gratuit à des préservatifs (pass préservatif). 

Les 20 examens de santé de l'enfant, aujourd'hui concentrés entre 0 et 6 ans, seront répartis entre 0 et 18 ans, avec la mise en place, à 15-16 ans, d'un repérage des troubles auditifs. 

Sevrage tabagique, dépistage hépatite C, cancer du col de l'utérus…

Le forfait d'aide au sevrage tabagique, actuellement de 150 euros par an et par assuré, évoluera vers le remboursement classique. Un premier produit sera inscrit prochainement au remboursement par le gouvernement. En l'attente d'une démarche des laboratoires. Ces mesures seront précisées dans le prochain plan national de réduction du tabagisme. 

Pour éliminer l'hépatite C d'ici à 2025 (objectif fixé par l'OMS), le dépistage de proximité sera renforcé avec les tests rapides d'orientation diagnostique (TROD) combiné VIH, VHC, VHB, ainsi que par des actions ciblées d'aller vers, pour les publics prioritaires, et l'ouverture de nouveaux prescripteurs. 

Le cancer du col de l'utérus fera l'objet d'un dépistage organisé : toutes les femmes n'ayant pas réalisé de frottis ces trois dernières années seront invitées à la faire, remboursement à 100 % à la clef. 

La vaccination antigrippale par les pharmaciens d'officine sera généralisée dès 2019. 

En matière de nutrition, le Nutri-Score sera étendu à la restauration collective et commerciale à partir de janvier 2020, toujours sur la base du volontariat, et les industriels sont incités à réduire la teneur en sel des aliments, pour tenter d'atteindre l'objectif de moins 20 % de consommation de sel dans la population française. 

Le plan prévoit plusieurs mesures à destination des personnes en situation de handicap et de perte d'autonomie : une meilleure prise en compte de la complexité des prises en charges dans les tarifs, la systématisation des bilans de santé à l'âge du départ en retraite, et des bilans bucco-dentaire en EHPAD, une enveloppe de 15 millions d'euros annuel pour la prévention en EHPAD, etc. 

Enfin, le plan entérine la création du service sanitaire dès la rentrée 2018.