Et si vous aviez besoin de l’avis d’un confrère ou d’une consœur en pleine nuit ? C’est le problème auquel s’est trouvée confrontée la Dr Solène Vo Quang, stomatologue et fondatrice de Hack your care et de Replik.care. « Je ne suis pas spécialiste sur tous les sujets. Parfois, j’ai besoin d’appeler un ami pour avoir un peu d’aide sur certains diagnostics ou des orientations pour m’aider dans mes réflexions. Un jour, je me suis dit qu’il serait génial de pouvoir, par exemple, appeler le Dr Philippe Katz, une référence en matière de glandes salivaires, afin d’obtenir son avis sur un cas clinique. Cela me permettrait d’avancer dans mes réflexions et de proposer plus rapidement une solution aux patients », se souvient-elle.
Un corpus calibré par les experts
C’est ainsi que la Dr Vo Quang a créé Replik.care, une plateforme d’avatars d’aide au raisonnement clinique. Lancée depuis début septembre, elle est réservée aux professionnels de santé, sur abonnement. D’un côté, les praticiens qui souhaitent un avis d’expert s’abonnent. De l’autre « des leaders d’opinion, le plus souvent chefs de service ou praticiens ayant beaucoup publié », créent leur avatar sur la plateforme.
Cette dernière est sécurisée par un grand modèle de langage (LLM) verrouillé, développé par l’entreprise. Les experts peuvent y déposer l’ensemble des documents qu’ils ont produits : articles scientifiques, présentations de conférences, contenus d’éducation thérapeutique … Ce corpus alimente l’IA interne.
La confidentialité avant tout
Mais au-delà du contenu, l’avatar capture la méthode de l’expert : sa façon d’aborder une situation, les éléments qu’il regarde en premier, les questions qu’il se pose, mais aussi sa manière de s’exprimer et de présenter son raisonnement. « Deux experts de la même discipline n’ont pas le même avatar. Ils ne pensent pas et ne parlent pas de la même façon. L’avatar est construit avec l’expert et validé par lui. Nous avons toute une phase de calibration où l’IA lui pose des questions, et c’est ainsi que le soignant entraîne l’IA sur ses réponses », énonce la stomatologue.
La confidentialité est au cœur du dispositif : « Personne d’autre que le soignant lui-même n’a accès à ses propres documents, sauf s’il décide de les mettre à disposition d’autres personnes via la plateforme. Nous avons mis au point un système de traçabilité ».
L’IA s’appuie ensuite sur ce corpus pour répondre aux questions des autres professionnels de santé. « Si elle n’a pas la réponse, elle n’inventera pas », assure la praticienne. En revanche, l’expert a accès aux questions restées sans réponse et peut ainsi combler ce manque d’informations.
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