Révolutions médicales : les réponses à vos questions - Du nouveau sur le front du cancer du sein en 2016 - Les réponses du Dr Suzette Delaloge et du Dr Nicolas Leymarie
Interview

Révolutions médicales : les réponses à vos questionsDu nouveau sur le front du cancer du sein en 2016 - Les réponses du Dr Suzette Delaloge et du Dr Nicolas Leymarie

10.03.2016
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    Du nouveau sur le front du cancer du sein en 2016 - Les réponses du Dr Suzette Delaloge et du Dr Nicolas Le...

Questions des internautes du Quotidien du Médecin :

La signature génomique Oncotype Dx permet une meilleure approche pronostique des cancers du sein hormonosensibles et a une valeur prédictive de l'efficacité et de la réponse à la chimiothérapie. Ce test est remboursé dans de nombreux pays où il est inclus dans les référentiels. Pourquoi la France, une fois de plus, prend-elle un tel retard dans son utilisation ?

Les autorités de santé, en France, considèrent que le niveau de preuve de ces tests génomiques (dont OncotypeDX, mais aussi plusieurs autres tests disponibles dans la même indication) n’est pas suffisant pour permettre leur utilisation sécurisée et justifier un remboursement. Les autorités exigent un niveau de preuve IA qui ne peut être obtenu qu’avec les résultats d’essais cliniques prospectifs, ceux-ci mettent 10 ans à délivrer les résultats. Les premiers résultats sont attendus cette année puis en 2017. La Haute autorité de santé a prévu de réunir un nouveau groupe d’experts en 2016 pour statuer sur ces tests génomiques de nouveau, et leur niveau de preuve actuel.
 

Quel risque pour une femme de plus de 70 ans, sans antécédent de santé particulier ? Le nombre de grossesses ou le TSH suivi antérieurement protègent-ils ?

 Une femme de 70 ans a un risque théorique moyen de cancer du sein d’environ 2% dans les 5 années à venir, ce qui justifie pleinement un dépistage mammographique. Le risque de cancer du sein augmente avec l’âge, les antécédents familiaux, les antécédents personnels de biopsie du sein, mais aussi avec la prise de traitement hormonal substitutif. Ce dernier n’est pas du tout protecteur, au contraire. Les grossesses antérieures, en particulier avant 30 ans, ont un très faible effet protecteur sur le risque à long terme.  
 

Où en est la balance du bénéfice/risque du dépistage après 70 ans ?

L’ensemble des études réalisées s’arrêtait à 74 ans maximum, on n’a pas de données ultérieures, ce qui justifie actuellement l’arrêt du dépistage à 74 ans. Il existe effectivement au-delà de 74 ans, des risques compétitifs de santé qui rendent moins « utile » au sens de la santé publique, le dépistage. Cependant, à titre individuel chez une femme qui n’a pas d’autre problème majeur, le dépistage est forcément une bonne chose vus les risque élevés de cancer à cet âge, la sensibilité de l’examen sur des seins peu denses, et la faible toxicité à cet âge également.
 

Quelle est la durée de vie d'une prothèse mammaire après chirurgie de reconstruction? Quel est le suivi ? Quand envisager de la changer ?

Une prothèse mammaire en silicone a une durée de vie limitée mais qui est difficile à estimer précisément puisqu'elle dépend des caractéristiques propres à chaque patiente (antécédents, activités, tolérance du corps vis-à-vis de la prothèse...). Les patientes doivent donc s'attendre au cours de leur vie à d'autres interventions chirurgicales liées à leur prothèse. 
 
Le suivi des patientes repose sur un examen clinique annuel, complété en cas d'anomalie de la prothèse par une échographie. La reconstruction mammaire, notamment par prothèse, ne perturbe pas la surveillance après un cancer du sein et ne retarde pas le diagnostic d'une éventuelle récidive. 
 
Le changement de la prothèse sera indiqué par le chirurgien en cas de complication (rupture, déformation, douleurs...) ou en cas de dégradation du résultat esthétique de la reconstruction.
 

Quelles sont les perspectives pour le pronostic du cancer du sein triple-négatif ?

En situation de cancer localisé, les cancers triple négatifs ont aujourd’hui des taux de guérison bien améliorés, grâce aux chimiothérapies de dernière génération, aux régimes plus « agressifs » dose-dense, aux taxanes…
Ces cancers restent, par contre, dans certains cas localisés et la plupart des cas en situation de rechute métastatique, extrêmement agressifs. Des pistes majeures d’amélioration pour les prochaines années, émergent  cependant actuellement dans ces situations: il s’agit, pour une partie de ces cancers, des immunothérapies, qui semblent prometteuses ; pour une autre partie, des médicaments ciblant la réparation de l’ADN, anomalies souvent impliquées dans la genèse de ces cancers.

  • Pour écouter l'émission, c'est ici :
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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