Un quartet mythique, deux jeunes chanteuses

La clé des chants

Par
Didier Pennequin -
Publié le 29/04/2019
Jazz-Golden Gate Quartet

Jazz-Golden Gate Quartet
Crédit photo : PAUL BREMBLY

Jazz-Sarah McKenzie

Jazz-Sarah McKenzie
Crédit photo : OSCAR MAY

Inutile de présenter le Golden Gate Quartet (GGQ). Quatre-vingt-cinq ans (depuis 1934) au service du Gospel (les Évangiles), des Negro Spirituals, mais aussi du blues, du jazz et autres musiques afro-américaines.

Pour leur nouveau disque « Music Is ??? » (Label 10H10/Sony Music), le célébrissime et légendaire quartet vocal masculin, qui sillonne le monde pour prêcher la bonne parole, revient sur les fondamentaux de son existence musicale. Dirigé aujourd'hui par Paul Brembly (baryton/guitare), il évoque (invoque ?) tour à tour la spiritualité, des amis trop tôt disparus, l'évolution de la société, le rock'n'roll basique (« Blue Suede Shoes » de Carl Perkins), la soul et le fameux « Good Book ». Même s'il n'y a rien de bien révolutionnaire dans la démarche, le GGQ reste un emblème et une référence en la matière.

Venue de son Australie natale, la pianiste, chanteuse et compositrice Sarah McKenzie avait fait sensation avec la parution il y a deux ans d'un album à succès, « Paris In The Rain »(Impulse/Universal). D'aucuns voyant en elle une émule de Diana Krall...

Désormais trentenaire, la jeune femme (qui sera le 18 juillet au Nice Jazz Festival) réalise avec « Secrets Of My Heart » (Normandy Lane) un habile, subtil, astucieux et surtout délicat mélange entre ses propres compositions inspirées et les standards.

De sa voix pleine de swing et de charme, elle évoque Michel Legrand ou Dinah Washington, avant de conclure avec un pot-pourri de thèmes des frères Gershwin. Le tout avec la complicité notamment du contrebassiste français Pierre Boussaguet. Élégance et enchantement.

Deux termes qui s'appliquent aussi parfaitement à Isabelle Seleskovitch. Chanteuse lyrique et comédienne de formation, parfaitement bilingue (français-anglais), la jeune femme possède un timbre de voix particulier, très bien travaillé et maîtrisé dans l'expression. Ce qui confère une certaine originalité dans le monde du jazz vocal féminin, comme le montre son premier disque en solo, « About A Date » (Black & Blue/Socadisc).

Si, comme ses alter ego, elle puise largement dans le répertoire (Cole Porter, Billy Barnes, Betty Carter), en plus de compositions personnelles, sous la houlette du pianiste Laurent Marode, elle n'hésite pas à transformer et à s'approprier un monument ellingtonien, « Sophisticated Lady », devenu « Dame aux diamants ». Un joyau !

La chanteuse sera le 6 mai au Café Laurent, Paris 6e.

 

Didier Pennequin

Source : Le Quotidien du médecin: 9745