L’association COSEM (1) a ouvert les portes de son troisième centre de santé polyvalent dans le quartier commerçant d’Auber, au cœur de Paris.
L’établissement de 1 600 m2, qui pratique le tiers payant en secteur I, a ceci d’original qu’un service entier (trois salles) est consacré à la prise en charge de la petite urgence. Une équipe de sept médecins urgentistes épaulés d’infirmières y officie – à temps partiel et en binôme – du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures et le samedi matin, sans rendez-vous.
Ancien chef de service des urgences de l’hôpital Simone-Veil, le Dr Patrick Vidal pilote cette unité, qui accueillait début janvier une cinquantaine de patients par semaine. « À l’hôpital, témoigne-t-il, une entorse à la cheville, une plaie, une contusion nécessite trois à quatre heures de temps. À Auber, nous prenons en charge les petites urgences et la traumatologie en moins d’une heure, dans un climat moins anxiogène ». Les patients sont transférés à l’hôpital en cas d’urgence vitale ou aux correspondants libéraux pour une consultation spécialiste.
Modèle inflationniste ?
Si beaucoup de centres traitent la petite urgence, peu d’entre eux possèdent un service dédié. Par ailleurs, alors qu’une majorité de ces structures restent fragiles, COSEM a trouvé son équilibre économique, confirme Daniel Dimermanas, directeur général. La mutualisation des moyens, l’informatisation et un niveau d’activité très élevé (les 375 médecins des trois centres réalisent 800 000 consultations annuelles) l’expliquent.
De surcroît, quand le salariat est la règle dans ce type de structures, la rémunération des médecins est ici proportionnelle au nombre d’actes. Critique, le Dr Éric May, président de l’Union syndicale des médecins de centres de santé (USMCS), y voit un « double effet inflationniste ». « Les praticiens font plus d’actes pour équilibrer la structure, et plus d’actes pour eux-mêmes. Tout cela aux dépens de la Sécurité sociale. »
(1) Coordination des œuvres sociales et médicales
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