Revenus 2017 : un goût de trop peu pour les Spé-CSMF, du rattrapage pour MG France

Par
Marie Foult -
Publié le 29/06/2018
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Crédit photo : PHANIE

Insuffisantes, les rémunérations des médecins en France ? Après avoir pris connaissance des revenus 2017 des médecins, dévoilés par « le Quotidien », qui font état d'une hausse pour les généralistes et certaines autres spécialités, MG France et les Spés de la CSMF sont en tout cas loin d'être ravis.

« Pour la première fois, les revenus de la médecine de spécialité sont globalement en baisse, assène la branche des spécialistes de la CSMF. Ces chiffres reflètent l’absence de considération des pouvoirs publics vis-à-vis de l’ensemble des spécialités médicales, médicotechniques et chirurgicales. »

Pour le syndicat, les politiques n’ont d'ailleurs de cesse « de stigmatiser les médecins spécialistes et les compléments d’honoraires pourtant indispensables à leur exercice ». Pour les Spés, ces données justifient la construction d’un espace de liberté tarifaire pour tous les médecins. Car « comment justifier des niveaux aussi faibles pour certaines spécialités (endocrinologie, pédiatrie, psychiatrie, biologie) qui ont nécessité tant d’années d’investissement, d’études », alors que la médecine spécialisée est le vecteur de l’innovation, le pilote du parcours pertinent, interroge la structure.

Ces chiffres d’affaires – parfois en deçà de ceux des généralistes – ne permettent par exemple plus à ces spécialistes d’engager des collaborateurs pour devenir plus performants, assure le syndicat du Dr Patrick Gasser. De même, ils rendent difficile d'accepter le fait que certaines spécialités, comme les radiologues, « vont être mises à contribution au travers de plans d’économies », ajoutent les « Spés », qui n'acceptent plus cette situation et revendiquent une reconnaissance de leur haute valeur ajoutée par la rémunération.

« Ces chiffres doivent nous interroger sur les causes du désintérêt des jeunes pour l'exercice libéral et les solutions pour leur redonner le goût de réinvestir cet exercice », conclut le syndicat.

Érosion du pouvoir d'achat

Du côté des médecins généralistes et de MG France, on n'est guère plus satisfait ! Si le syndicat note « une progression des revenus des médecins généralistes » due à la convention de 2016, celle-ci n'est que « justice pour une profession victime au fil des ans d’une érosion constante de son pouvoir d’achat », alors que l’écart de revenus avec les autres spécialités, à plateaux techniques notamment, ne cessait de se creuser.

Mais MG France rappelle aussi que ces chiffres de l’UNASA « majorent » les résultats de la profession. « Les généralistes dont le chiffre d'affaires est modeste ne recourent pas toujours aux services d’une association de gestion », souligne le syndicat.

Il faut par ailleurs revaloriser la profession de médecin généraliste, afin de restaurer l’attractivité d’une discipline méconnue des étudiants en médecine. « Premier recours de la population sur un territoire, responsable de la santé des personnes au long de leur vie, le médecin généraliste traitant est le socle d’un système de santé cohérent et organisé », rappelle MG France, pour qui ce rattrapage de revenus doit se poursuivre et s’amplifier sur les actes et les forfaits.

« Les conditions d’exercice des médecins généralistes doivent rejoindre le standard des pays développés comparables. Des moyens adaptés (secrétariat, assistants du cabinet médical notamment) doivent leur permettent de faire face aux demandes de soins », termine la structure.


Source : lequotidiendumedecin.fr