Le généraliste d'une commune du Nord s'exile en Suisse, un confrère de 74 ans « sauve les meubles »

Par
Martin Dumas Primbault -
Publié le 27/08/2018

C'est officiel depuis le 10 août, le Dr Quentin Dang a quitté Warhem (Nord), laissant la petite ville de 2 100 habitants dépourvue de médecin généraliste. Depuis l'annonce de son départ début juillet, la mairie se plie en quatre pour lui trouver un remplaçant. « Nous vous offrons des conditions d'installation de qualité dans une maison médicale entièrement rénovée », indique l'avis de recherche publié sur le site Internet de la municipalité.

En attendant, c'est le Dr Pierre Denys qui occupe les locaux installés dans l'ancien presbytère. Mais à l'âge de 74 ans, la solution est forcément temporaire. Interrogé par le quotidien régional « La Voix du Nord », le Dr Denys prévient : « Je sauve les meubles et je ne consulterai quasiment que sur rendez-vous. »

Ras-le-bol administratif

« On sentait les choses venir, le Dr Dang nous avait fait part de ses velléités de départ depuis plusieurs années », a déclaré le maire de Warhem, Pierre Bouttemy, au quotidien nordiste. En 2015 déjà, le généraliste alors âgé de 40 ans expliquait à « Médiapart » son ras-le-bol. « Je gagne bien ma vie mais la moitié part en taxes et impôts sur le revenu », dénonçait le Dr Dang qui songeait à partir s'installer au Canada. « On est de plus en plus surveillés. On ne doit pas trop prescrire de médicaments non génériques, pas trop de séances de kinésithérapie. Je veux bien soigner avec des Ave Maria tous les jours mais je n’en peux plus de devoir expliquer à mes patients pourquoi tel médicament n’est plus remboursé. » Trois ans plus tard, c'est finalement la Suisse qui séduira le médecin.

Classée par l'agence régionale de santé (ARS) Hauts-de-France dans les communes situées en « zone en difficulté en offre de soins de premier recours », la mairie peut faire valoir différents dispositifs d'aide à l'installation. Qui plus est, une infirmière et une sophrologue-réflexologue se sont déjà engagées à rejoindre la maison médicale, indique « La Voix du Nord ».


Source : lequotidiendumedecin.fr