Infirmiers en pratique avancée : la mise en garde des structures de médecine générale

Par
Elsa Bellanger -
Publié le 19/04/2018
IPA

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Crédit photo : S. Toubon

Il n'est pas si fréquent que l'ensemble du secteur de la médecine générale se mobilise comme un seul homme. Fédérations professionnelles, collège, sociétés savantes et syndicats de généralistes jeunes et installés* se saisissent ensemble, ce jeudi, du dossier des infirmiers en pratique avancée (IPA).

Ils adressent une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, afin de faire évoluer le décret de mars dernier. L'objectif est qu'un champ d'intervention des IPA soit dédié aux « prises en charge protocolisées en ville et notamment en soins primaires ».

Trop hospitalier, trop en « silos »

En application de la loi de santé, le texte sur les IPA prévoit à ce stade de développer l’exercice en pratique avancée dans quatre domaines d'intervention : les pathologies chroniques stabilisées ; l'oncologie ; la transplantation rénale ; la santé mentale et la psychiatrie.

La vingtaine d’organisations signataires demande que soit intégré un domaine d’intervention comprenant les « spécificités des parcours et prises en charge en médecine générale, et notamment les pratiques en équipe de soins primaires ». Concrètement, il s’agirait d'ajouter aux pathologies chroniques stabilisées la mention des « polypathologies, actions de prévention et autres prises en charge en soins primaires ». Une mention indispensable pour construire un programme de master adapté aux futures IPA en soins primaires.

De fait, selon les structures généralistes, le décret IPA en l'état reste « dédié à des spécialités essentiellement hospitalières (oncologie, néphrologie) et à 8 pathologies chroniques stabilisées conçues en silos qui ne correspondent pas à la logique de prise en charge globale des patients en soins primaires ». « Six de ces huit pathologies ne figurent pas même dans la liste des cinquante premiers motifs de consultation en médecine générale », se désolent les signataires.

Le ministère entend ouvrir dès la rentrée 2018, dans plusieurs universités, un diplôme de master afin de former progressivement 5 000 à 6 000 IPA.

Collège de la Médecine générale, Adessadomicile, ANEMF, C3Si, FFD, FFMPS, FMF, FNCS, FNESI, France Assos Santé, FSP, ISNAR-IMG, Les Généralistes-CSMF, MG France, ReAGJIR, SFMG, SFTG, SML, SNIIL, SNJMG, USMCS.


Source : lequotidiendumedecin.fr