Désert médical : l'hôpital de Guingamp crée un centre de santé et salarie deux médecins généralistes

Par Loan Tranthimy
Publié le 12/04/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
desert Guingamp

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Crédit photo : PHANIE

« Nous sommes dans une zone déficitaire rouge écarlate ! » Richard Rouxel, directeur du centre hospitalier de Guingamp, sait de quoi il parle. Selon le dernier « zonage » dévoilé par l'agence régionale de santé (ARS) de Bretagne, le territoire Guingamp-Paimpol agglomération (GPA) couvert par son hôpital souffre d'une offre de soins « insuffisante », principalement en médecins généralistes.

Ce territoire regroupe 57 communes avec près de 73 700 habitants (2016). « Cela représente 7,1 médecins généralistes à temps plein pour 10 000 habitants alors que la moyenne régionale est de 9,3, explique le directeur de l'hôpital. Notre densité médicale est l'une des plus faibles de la région. » D'ici à trois ans, 25 médecins de famille pourraient faire valoir leur droit à la retraite sur la cinquantaine de généralistes qui exercent  sur ce territoire.

Dans ce contexte, les collectivités territoriales se sont tournées vers les deux hôpitaux généraux (Guingamp et Paimpol) et la fondation Bon Sauveur (qui gère le secteur de la psychiatrie) pour... ouvrir un centre de santé. « En accord avec les autres hôpitaux, notre hôpital central va abriter ce centre de santé, confirme au “Quotidien” Richard Rouxel. En aucune façon, nous ne souhaitons concurrencer la médecine libérale. Ce projet a été présenté aux praticiens libéraux du territoire. »

Exercice partagé

Élaboré depuis le début de 2018, le projet se concrétisera à compter du 26 avril.

Le centre de santé de l'Armor et de l'Argoat, hébergé dans une aile de l'hôpital, ouvrira ses portes tous les jours de la semaine pour proposer des consultations de médecine générale. Deux généralistes de 50 et 55 ans ont déjà été recrutées pour assurer des soins programmés et des soins non programmés.

Salariées de l'hôpital de Guingamp (au niveau d'un PH en milieu de carrière), les deux femmes n'exerceront pas à temps plein dans le centre de santé mais s'inscrivent dans un exercice partagé – un mi-temps dans le centre de santé, l'autre dans l'un des trois établissements du territoire. « L'une a été remplaçante dans un cabinet médical, l'autre dans un centre de santé. Cela a créé beaucoup d'intérêt chez elles », affirme le directeur de l'hôpital.

Trois à quatre consultations par heure

L’intérêt est que ces deux médecins soient « déchargées de tout le travail administratif et des prises de rendez-vous. Elles se recentrent sur leur métier, avec l’avantage de la proximité du plateau technique de l’hôpital », relate au « Télégramme » Claudine Guillou, vice-présidente de GPA en charge des solidarités sociale et territoriale.

Pour financer ce centre, l'hôpital a prévu un budget annexe. L'équilibre dépendra des recettes des consultations et des actions de santé publique payées par l'Assurance-maladie. Des aides financières de la région et de l'ARS sont également envisagées. « Nous avons ciblé trois à quatre consultations par heure. Cela a été calculé pour que l'hôpital ne perde pas d'argent. À terme, nous avons prévu que les médecins puissent faire des visites à domicile et des consultations avancées dans les communes déficitaires », avance Richard Rouxel.


Source : lequotidiendumedecin.fr