Des mercenaires, les médecins remplaçants ? Le syndicat ReAGJIR remet les pendules à l’heure

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Publié le 26/06/2021

Crédit photo : S.Toubon

« Les jeunes médecins remplaçants préfèrent travailler dans les centres de vaccination. Ils y sont payés plus et les tâches sont moins fatigantes. » C’est le pitch d’un reportage de deux minutes diffusé sur RMC cette semaine. La chaîne y recueille le témoignage d’un jeune généraliste remplaçant pour qui l’activité en centre de vaccination est « plutôt bien payée » et moins « prise de tête » qu’un exercice en cabinet.

Conséquence selon RMC, les médecins de ville peinent à trouver des remplaçants pour les suppléer durant les vacances d’été. Bref, ces derniers seraient responsables d’une pénurie médicale annoncée.

Opportunistes et cupides les remplaçants ? Ce constat fait bondir le regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants. Dans un communiqué, ReAGJIR regrette que les remplaçants soient présentés comme des « mercenaires », « à la recherche d’un profit facile ».

Remplaçants, boucs émissaires de la pénurie médicale ?

« C’est vrai que nous avons eu des remontées d’installés qui nous ont dit qu’ils avaient plus de difficulté à se faire remplacer cet été ou pendant leurs journées de formation », reconnaît le Dr Mathilde Chouquet, vice-présidente du syndicat. « Mais le problème n’est pas que les remplaçants choisissent en priorité les centres de vaccination. La réalité, c’est qu’il faut faire tourner ces centres, constate la généraliste, que ce soit avec des remplaçants ou des installés ! »

La crise sanitaire a aggravé la pénurie médicale, rappelle-t-elle. « Les installés ont déjà rogné sur leur temps libre pour participer à la campagne de vaccination, c’est indispensable que les remplaçants participent à cet effort », poursuit le Dr Chouquet. Et quand ils assurent des vacations en centre… ils ne sont pas dans les cabinets.

ReAGJIR reconnaît que l’exercice en centre de vaccination présente des avantages, « une charge mentale moindre », et une rémunération lucrative. Selon le barème de l'Assurance-maladie, les vacataires touchent 420 euros pour une demi-journée de travail, ou 105 euros par heure pour une vacation de moins de 4 heures. Les samedis après-midi, dimanches et jours fériés, ce montant est porté à 460 euros (ou 115 euros de l’heure). À cela s’ajoute un forfait de 5,40 euros par patient vacciné et saisi dans le téléservice « Vaccin Covid ».

« Il y a sûrement des remplaçants qui ont choisi de faire ça parce que c’est lucratif, confie le Dr Chouquet. Mais le problème, c’est avant tout le manque de médecins. Et ça, ce n’est pas nouveau ! »


Source : lequotidiendumedecin.fr