8 000 euros brut par mois pour 35 heures, le super salaire d'une commune de la Sarthe à son futur médecin

Par Loan Tranthimy
Publié le 22/10/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
Marolles les Braults

Marolles les Braults
Crédit photo : Mairie de Marolles-les-Braults

Au cœur de la Sarthe, Marolles-les-Braults, une petite commune de 2 300 habitants, met le paquet pour trouver deux médecins généralistes. Elle propose d'embaucher deux praticiens avec un salaire mensuel entre 7 000 euros et 8 000 brut par mois, pour une durée de travail hebdomadaire de 35 heures.

Pour Jean-Michel Lefèbvre, maire (DVD) de la commune, cette solution est devenue une « nécessité ». Sur les trois médecins généralistes qui exercent actuellement dans la ville, deux vont partir travailler ailleurs en tant que médecins coordinateurs en EHPAD. Dans six mois, la commune se retrouvera « bloquée » avec un seul médecin, âgé de 63 ans, pour assurer la prise en charge des patients du bassin qui compte environ 5 000 habitants.

« Il nous paraît difficile de trouver un médecin libéral. Pour attirer les candidats, la mairie va créer un centre de santé et proposer un salaire attractif à deux médecins. 7 000 euros, c'est le salaire d'un cadre supérieur dans le privé. Je ne vois pas pour quelles raisons les personnes qui ont fait plus de dix ans d'études ne puissent pas avoir de tel salaire », commente l'édile.

Moins de jardiniers

La petite commune pourra-t-elle faire face à une telle dépense ? Pas de crainte selon le maire qui a fait ses calculs. Chaque médecin, de part son activité au sein du centre, devrait ramener à la mairie « 14 000 euros par mois à raison de quatre consultations par heure, soit 100 euros de l'heure et 3 500 euros par semaine ». « Si on paie le médecin entre 7 000 euros et 8 000 euros, il restera très peu à la charge de la commune, à condition bien entendu que les médecins jouent le jeu des quatre consultations par heure », ajoute-il. Au total, le salaire de chaque médecin représente un coût de 140 000 euros par an pour la ville. « On préfère avoir moins de jardiniers pour pouvoir embaucher des médecins », martèle l'élu.

Depuis quelques semaines, la mairie est à la manœuvre. Par des annonces, des prises de contacts avec les syndicats de jeunes médecins (ReAGJIR et SNJMG), elle espère aussi intéresser les médecins hospitaliers, « en souffrance à l'hôpital ». « Nous devons prendre le taureau par les cornes, sinon le bourg va devenir non pas un désert médical mais un désert tout court », conclut le maire. 


Source : lequotidiendumedecin.fr