Téléconsultation : feu vert aux échanges téléphoniques tracés et élargissement de certaines cotations aux spécialistes

Par
Loan Tranthimy -
Publié le 06/04/2020

Crédit photo : PHANIE

Patients atteints du Covid-19 ou non, Olivier Véran veut faciliter l’accès aux soins des personnes soumises au confinement. Le ministre de la Santé a autorisé ce samedi 4 avril à titre exceptionnel les téléconsultations par téléphone. Cette décision vise « à améliorer le suivi médical dans un contexte de confinement et à permettre la détection de cas suspects ou le suivi de personnes particulièrement fragiles, lorsque les patients n’ont pas accès aux technologies numériques (smartphone ou matériel de vidéotransmission, connexion Internet ou mobile permettant l’échange vidéo…) », précise le ministère de la Santé. Ce frein à l'accès aux soins pour ces patients fragiles maîtrisant peu les technologies a été relayé par les syndicats de médecins libéraux depuis le début de la crise.

Même tarif qu'en vidéo

Pour pouvoir coter de façon dérogatoire mais au même tarif que les téléconsultations faites par vidéo ces téléconsultations réalisées par téléphone (TCG), les médecins traitants doivent respecter plusieurs conditions. Ces actes sont réservés uniquement aux patients atteints du Covid-19, aux patients en affection longue durée (ALD), aux patients âgés de 70 ans et plus et ceux résidant dans les zones blanches ou isolés n’ayant pas accès à un smartphone. Par ailleurs, ils doivent être néanmoins tracés, notamment dans le dossier patient. Cette mesure a été annoncée sur les réseaux sociaux par des caisses primaires d'assurance-maladie.

Depuis le début de l'épidémie, les dérogations à l'avenant conventionnel fixant les règles de la téléconsultation se multiplient. Pour tenir compte des difficultés d’accès aux soins de second recours en présentiel, le recours à la pratique à distance a été aussi élargi aux consultations complexes (plus longues) et aux avis ponctuels de consultant (APC et APY) pour les médecins spécialistes. Cette décision « dérogatoire et transitoire » a été annoncée par Nicolas Revel dans un courrier adressé aux syndicats de médecins libéraux. Elle ne s’étend pas aux consultations très complexes. Le directeur général de l'Assurance-maladie y indique aussi que pendant la période épidémique, les actes de téléconsultation sont remboursés à 100 % par la Sécu, facilitant ainsi la facturation par les médecins. Et cette prise en charge concerne aussi les majorations (MCE par exemple en endocrinologie) qui sont utilisées habituellement lors des consultations en présentiel.

Ces mesures, qui doivent entrer en application à compter de ce lundi 6 avril aux dires de Nicolas Revel, ont aussitôt été saluées par plusieurs syndicats dont la CSMF qui a porté ces revendications la semaine dernière. La centrale syndicale présidée par le Dr Jean-Paul Ortiz appelle les médecins à utiliser ces nouveaux modes de suivi des patients. Toutes ces mesures vont dynamiser encore davantage les pratiques à distance. Selon la CNAM, près de 29 000 médecins libéraux ont facturé au moins une téléconsultation entre le 23 et 29 mars et plus de 480 000 téléconsultations ont été enregistrées sur cette même semaine.

 


Source : lequotidiendumedecin.fr