La communauté d’agglomération de l’Étampois Sud-Essonne (CAESE) ne manque pas d’imagination pour tenter d’attirer ses prochains médecins. Cette dernière a produit un curieux court-métrage fictionnel de cinq minutes trente intitulé « Ethan & Sophie : nouveaux médecins de l’Étampois Sud-Essonne ».
Mariage en grande pompe, balade bucolique à cheval ou bras dessus bras dessous le long des quais, tour en hélico, cours de danse dans la forêt, tir à l’arc, escalade… Dans ce petit film léché, des comédiens – Simon Gabillet et Camille Liotaud – jouent le rôle d’un jeune et beau couple de médecins, lui radiologue et elle généraliste, qui s’installent dans le coin. Une forme de love & success-story à faire pâlir les scénaristes hollywoodiens, où les deux tourtereaux – particulièrement souriants – expliquent jouir d’un cadre de vie « plus vert » à Étampes et ses environs qu’à Paris, où ils ont fait leurs études.
À noter : la présence du Dr Joël Arhan, véritable médecin généraliste installé à la maison de santé de Pussay (Essonne), qui incarne son propre rôle. Face caméra, l’omnipraticien proche de la retraite décrit un cadre d’exercice idyllique, avec « un accès à la nature cinq minutes montre en main ». Un territoire où l’exercice mixte ville/hôpital est favorisé, le service des urgences et de réanimation à l’hôpital est « vraiment très très performant », les pharmaciens « très dynamiques » et les infirmières « ont bien joué le jeu avec les mallettes de téléconsultation ». Et cerise sur le gâteau : une communauté d’agglomération, elle aussi « très très dynamique » et « prête à tout pour favoriser l’accueil de nouveaux médecins et paramédicaux ». Joli clin d’œil au producteur de ce bijou cinématographique !
63 % des spécialistes ont plus de 60 ans
La CAESE qualifie elle-même cette vidéo d’« initiative originale » et même de « pari audacieux », précisant que cet « outil de communication à part entière », inscrit dans le contrat local de santé 2024-2026, a été pensé « pour être diffusé dans les facultés de médecine, les salons professionnels, sur les réseaux sociaux et auprès des institutions ».
Pour autant, la désertification médicale est une réalité dans le Sud-Essonne, classé en zone d’intervention prioritaire (Zip), avec une population médicale vieillissante, qui s’approche de la retraite : 35 % des généralistes et 63 % des spécialistes ont plus de 60 ans. Et 15,1 % des habitants de 17 ans et plus n’ont pas de médecin traitant.
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